moa Moa MOA

Le Printemps s’est éteint.

C’était il y a deux semaines. Un appel de ma Mère à 4h45. Et un « oh non » avant même de décrocher.

Car je le savais. C’était l’appel que je redoutais. Que nous redoutions tous.

J’ai passé la journée suivante à tenter d’avoir un billet pour l’Algérie. Ma Mère y avait emmené mon Père il y a un mois. C’est le choix qu’il avait fait. Mourir et être enterré là-bas. Je n’ai malheureusement pu embarquer que le lendemain, manquant de ce fait l’enterrement. (Les enterrements musulmans se faisant de manière toujours très rapide.)

Mon Père nous a laissé, ma Mère, mes deux Frères et moi. Chacun gérant ses émotions à sa façon. Après ces dernières années à le voir partir avec Alzheimer. Cette maladie monstrueuse. Et fulgurante dans son cas. Ma Mère et mes Frères exprimant parfaitement ce qu’ils ressentent. Par la tristesse ou la colère. Ou même cette petite pointe de soulagement suite aux dernières semaines compliquées et à son état de santé général qui ne tenait plus à rien.

Et puis, il y a moi. Moi, comme toujours. Incapable d’avoir une réaction normale. Le Robot.

Il m’a fallu prévenir mes amis. Sans savoir quelle formule utiliser. Répondre aux personnes qui m’exprimaient leurs condoléances. Sans m’agacer devant celles qui pleuraient sa mort alors que je n’y arrive même pas.

Hier encore, une voisine de mes parents me disait qu’elle avait beaucoup pleuré en apprenant son décès. Et elle m’a laissé sur le pallier. Me demandant encore pourquoi je n’étais pas normal.

La première nuit en Algérie, alors que je m’assoupissais. J’ai senti quelqu’un me faire un baiser sur l’oeil droit. C’était léger et réconfortant. Je me suis aussitôt réveillé mais il n’y avait personne. Je dormais là où mon père s’était éteint la veille. Alors je n’avais aucun doute. C’était Lui.

Il n’avait pas plu depuis l’automne dernier dans notre région là-bas. Mais à sa mort, les averses sont revenues. Et pendant une semaine, la pluie et les accalmies se sont alternées. Alors qu’à Paris, c’était plein soleil.

Son prénom signifiait « Printemps » en arabe. Et c’est à quelques jours du Printemps, quelques heures après son anniversaire, que mon Père s’est finalement éteint.

Je l’aimais énormément.

Les Garçons

Ce serait tellement plus simple si les Garçons étaient des plantes.

Je crois que j’ai remplacé les Garçons par des plantes.

C’est ce que je me suis dit tout à l’heure. Quand. Pour la première fois de ma vie, j’ai pensé que j’en avais trop.

Je dis cela parce que je me souviens que je n’en avais pas autant avant. Comme beaucoup. J’ai commencé avec un petit ficus de chez Ikea. Benjamin. Mais il n’a pas duré longtemps.

La plus ancienne de mes plantes remonte à 2009. J’avais acheté deux plantes près de mon travail. Un zamioculcas zamiifolia et une fougère. De tous petits bébés.

La fougère s’est mise à sécher quand ça n’allait pas bien et est morte peu après la rupture. Je reste persuadé qu’elle avait pressenti la fin de mon histoire avec Jolies Lèvres.

Je ne pensais pas avoir la main verte. Mais d’une seule plante je suis aujourd’hui arrivé à 34. Oh, il y a bien eu des pertes. Mais je crois que nous avons trouvé comment nous entendre elles et moi.

Ce que, aujourd’hui encore, je n’arrive pas à faire avec les garçons qui entrent dans ma vie en quête d’amitié.

Entre nous. Ce serait tellement plus simple si tout le monde était une plante.

Parce que là je suis complètement perdu.

moa Moa MOA

Celui dont on ne se rappelait jamais de l’anniversaire.

C’est une histoire assez triste. Qui survient chaque année. Le même jour. Le 2 décembre.

J’attends les messages mais ils n’arrivent pas. La journée passe et la déception s’accroit. Et à 23h59. Alors qu’il ne reste plus qu’une minute. Je pense à ceux qui m’ont oublié. Je perds tout espoir et file me coucher.

Cela fait maintenant longtemps que je n’aime plus cette journée.

Parce que les absents éclipsent toujours les présents. Parce que cela m’attriste tous les ans. Parce que plus je vieillis et plus j’ai honte d’y faire attention.

Ce n’est pas l’histoire d’un petit garçon qui voudrait qu’on le célèbre. C’est celle d’un adulte qui ne voulait pas qu’on l’oublie.

Je m’étais pourtant promis de ne pas me laisser happer cette année. Mais c’était pareil l’an dernier. Et l’année d’avant…

Je dois vraiment être une personne en carton.

J’ignore ce qui cloche chez moi. Je pense sincèrement être quelqu’un de bien. Au moins assez bien pour que l’on me souhaite mon anniversaire. Que l’on note la date quelque part. Que l’on se fixe un rappel dans son téléphone.

Pourquoi et comment est-ce que moi j’arrive à me souvenir de toutes les dates ?

J’ai toujours l’impression d’être un extra-terrestre, d’avoir manqué quelque chose, d’avoir mal fait ou pas assez. Ou tout simplement de ne pas mériter.

Comme je m’étais vraiment rendu malade les deux dernières années, j’ai voulu être irréprochable cette fois. Je l’ai souhaité à tout le monde. Ils et Elles ont toutes eu leur message. Tous. Les proches. Les moins proches. Les virtuels que j’apprécie. Les ex-amis et les ex-amoureux qui ne m’ont pas ghosté. Regarde ton téléphone et trouve le message que je t’ai envoyé.

Je m’étais dit qu’en étant irréprochable, on ne m’oublierait pas. Que cette année enfin j’aurais ce putain de message à la con qui signifie apparemment tellement pour moi sans que je comprenne réellement pourquoi.

Ma Mère, mes deux frères, leurs femmes, mes deux nièces d’amour, mon Mari, mes quatre meilleures amies, mes deux meilleurs amis, mes deux chéris suisses, deux ex-collègues, deux amies perdues de vue et un garçon du volley que je connais depuis deux mois et que j’ai vu en tout et pour tout 5 fois. Ils me l’ont tous souhaité.

Je devrais être heureux.

Mais si vous saviez le monde qu’il manque. Quand tu fais le compte pendant la dernière minute. À 23h59, le 2 décembre et que tu as l’impression qu’un univers t’a oublié.

Ou rayé ?

J’ai fait comme si de rien était. Et je me suis couché. Mais je n’arrivais pas à dormir. La tristesse mêlée à cette énorme frustration de ne pas comprendre pourquoi.

C’est Kévin Bacon qui m’a convaincu de poster mes photos d’anniversaire sur Instagram. Je ne voulais pas rappeler aux gens qu’ils m’avaient oublié, cette année encore. Seulement. Voir tous ces messages affluer deux jours après. Deux jours trop tard. M’a fait plus de mal que de bien.

Il fallait donc qu’une nouvelle fois ce soit moi qui hurle à l’univers que c’était mon anniversaire.

J’ai répondu aux messages avec de jolis smileys alors que j’avais simplement envie de désactiver mon compte et de disparaître. À nouveau. Comme je l’avais fait en 2009.

Oslo Ohara, all over again.

Depuis plusieurs jours. Je sens la rouille se propager. La corrosion. Je n’arrive pas à évacuer cette amertume. Ça me ronge. Mais je ne dois rien laisser paraître. Et si j’écris tout cela ici, sur ce blog bien caché, c’est parce que j’avais besoin de le sortir. Et donc ça ne t’est pas réellement destiné.

Quoi qu’il arrive. Je ferai comme si de rien était.

C’est notre petit secret.

Restober 2021

Restober #31 – Have a Nice Day.

Cher Journal du Garçon qui voulait juste ne rien faire du tout,

C’est le dernier jour de ce défi. Rien de bien difficile. Ma situation actuelle me permet déjà de prendre du temps pour moi et me reposer.

J’ai beaucoup apprécié ce retour à un journal de bord classique. Racontant mes journées banales, mes petites habitudes et ma routine de garçon qui vit maintenant avec son Chéri.

Cela m’a fait du bien et je me dis que ça vaudrait le coup de trouver un équilibre entre le microblogging à la 2006 et des billets plus beurboyesque lorsque ma nostalgie des garçons me prend.

Pour cette dernière journée et comme pratiquement chaque weekend, nous nous sommes retrouvés entre amis à discuter de tout et de rien devant un bon thé. L’envie d’y aller carrément en pyjama me titillait. Mais je ne m’imaginais pas prendre le métro en vêtements d’intérieur.

Le temps de rester au chaud est revenu. Voyons ce que nous réserve l’Automne.

À très bientôt ! ♡

Restober 2021

Restober #30 – Lie Down.

Cher Journal du Garçon qui voulait juste ne rien faire du tout,

Tu sais que tu as bien vieilli quand tu dois faire une sieste dans l’après-midi avant d’aller à une soirée. C’est cela aussi de vivre avec un garçon qui est réveillé à 6h30 tous les jours, semaine comme weekend.

Lorsque l’heure est enfin arrivée d’aller au bal – vous avez compris que je n’avais pas été à une soirée depuis ouuuuh….. Je me suis préparé, maquillé (pas de miracle) et nous sommes partis.

Mais Kévin Bacon voulait manger un morceau avant. Imaginez-moi, ayant déjà réussi à traverser mon quartier, à prendre le métro et tout cela en étant maquillé comme un camion volé, devoir m’assoir dans un restaurant. Sa tenue à Lui étant plutôt passe-partout.

C’est dingue de se dire que l’on est pas à l’aise à l’idée d’être peinturluré même un soir d’Halloween.

On s’est finalement installé en terrasse. Je n’ai pas retiré mes lunettes de soleil pour masquer mes yeux. Il faisait encore doux. Pour une Pizza. Et une fois le ventre plein, direction la soirée.

Ça m’a fait très plaisir de recevoir cette invitation. Non pas uniquement parce que je me désespérais de danser, de m’habiller ou de faire la fête. Mais surtout parce que l’on a pensé à moi. L’Organisateur (célèbre, il lit même ce blog ♡) et moi ne nous voyons pas très souvent mais je crois pouvoir dire sans risque que nous nous apprécions.

Il y avait beaucoup de personnes que je n’avais pas vues depuis longtemps. Vraiment très longtemps. Et j’ai été vraiment touché de la façon qu’elles ont eu de venir directement vers moi pour parfois juste me saluer. Et pour certains, j’ai trouvé amusante la façon qu’ils ont eu de me présenter aux personnes qui les accompagnaient. « Beur-Boy ».

J’ai beaucoup sous-estimé la portée de ce blog, de mes histoires, de toutes ces rencontres qui se sont faites par son intermédiaire. C’était réellement une très belle époque. Et de voir des garçons aller vers mon Mari et l’appeler Kévin Bacon c’est juste priceless.

Il n’y a aucune photo de moi me démaquillant sur la ligne 3 qui circulent et croyez-le c’est bien dommage. Tout comme des photos de moi dansant alors que je ne sais même plus comment on fait.

Merci pour cette soirée ♡.
Baille bye.

Restober 2021

Restober #29 – Be Lazy.

Cher Journal du Garçon qui voulait juste ne rien faire du tout,

Be Lazy ? Pas aujourd’hui.

Maintenant que j’ai la tenue, le maquillage et les accessoires, je dois absolument tester le tout et m’assurer que cela fonctionne. Le Thème de la soirée de samedi ? Kink – fétiches.

Il y aura certainement déjà des gars en harnais, en cuir… J’ai envie d’être un peu glamour.

Je pense très sincèrement que l’on devrait enseigner le maquillage à l’école. C’est une discipline olympique ! J’ai dû remaquiller mes yeux plusieurs fois avant d’arriver à ressembler à autre chose qu’un raton-laveur ou un panda !

Et évidemment, on ne nous apprend pas à nous les garçons que pour retirer du mascara waterproof tu dois y laisser la vie.

Kévin Bacon est rentré du travail et m’a trouvé les yeux rouges, complètement défoncés par le démaquillant et le coton. Je ne suis vraiment pas prêt à faire du Drag…

Je vous dirai si j’ai réussi à matérialiser l’idée que j’ai en tête.

Baille Bye.

APPRENEZ À VOS FILS À SE MAQUILLER !