
Le Cycle arrive bientôt à son terme. Maintenant que je suis revenu chez moi. Qu’il y a des jours où je ne pense à aucun d’entre Eux. Je n’ai ni remords, ni regrets.
J’ai la date en tête. C’est bientôt. Très bientôt.
Je n’aurai jamais pensé. Il y a quelques temps. Avoir ce genre de réactions. Cette force de caractère. J’étais une « Pluie Fine » perdue dans plusieurs tempêtes. Une personne sans véritable force de caractère. Renfermant toutes les rancoeurs que je pouvais éprouver. M’empêchant sans cesse d’exploser par peur de la réaction des autres. Et me lâchant allègrement, ici, sur ce blog, mon jardin absolument non secret, sur lequel je faisais passer mes messages, au travers de billets plus ou moins cryptés, à ces garçons pour lesquels, oui, moi j’avais craqué.
Pas forcément d’amour. Pas forcément d’amitié. Mais sûrement de quelque chose entre les deux pour certains. Plus proche de l’un ou l’autre pour d’autres.
Le canapé magique d’Adam, la mâchoire carrée de B, les bras d’Ekkooo, les yeux vairons d’Hervé, la « bosse » de Co, les cheveux de C, la descente du Baron, la douceur de Brady, les fesses de Lancelot, la taille du Prince des Citrons, le côté protecteur de Dan, les lèvres de Wall-e…
Cinq années à aimer les morceaux d’un Frankenstein idéal. Le Frankenstein de l’Amireux. Un Frankenstein que je n’aurais jamais réussi à conserver.
Il y a les morceaux que j’ai préféré laisser. Et il y a les trois morceaux qui sont partis. Ce dont je n’imaginais pas un instant ne plus avoir de nouvelles. Ceux qui m’ont fait le plus mal. Et ironiquement, ceux que j’ai (le plus) aimé. Et si vous lisez ce blog depuis un moment, il est très facile de reconnaître ces morceaux.
Me retourner aujourd’hui et me dire que quelqu’un d’aussi important que Lui avait disparu de ma vie alors qu’il avait promis de ne pas faire comme les deux autres. Repenser à tous ces noms, surnoms, morceaux, qui ont alimenté les lignes d’histoires que j’ai pu laisser ici. C’est tellement étrange.
J’ai réellement mis, pendant cinq ans, tous mes sentiments sur ce blog.
Et aujourd’hui, je suis une personne différente. Je partage différemment. Certainement plus de cette façon. J’ai l’impression de ne plus m’étaler. D’avoir même disparu des radars sociaux. Dans lesquels, je suis davantage sur un second degré qu’un étalage insipide de vie privée.
Depuis un moment maintenant je me ré-approprie mon jardin secret. Je pense à l’Après. Je prépare un Après.
Mais ça m’a fait plaisir, aujourd’hui, de reparler exceptionnellement de ces morceaux alors que je m’apprête à les sceller ici. Un jour j’imprimerai tous les billets publiés ici, les cachés, les honteux, les heureux, les tristes, les loufoques, les « Moi », et je les relirai. Comme il m’arrive de relire mon journal de 2002.
Le Cycle se termine bientôt. Et je fermerai cette porte pour en ouvrir une autre.
En attendant, si vous êtes l’un de ces morceaux et que vous lisez ceci, je vous ai aimé, à ma façon. Et quelque part, je vous aimerai toujours. Et si vous pensez être l’un de mes morceaux et que vous ne figurez pas là, c’est que je n’en ai pas fini avec vous.
/ Grimes – « Vowels = Space and Time ».
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