Ø Heartbreak ‘Make Me a Dancer’.

Je l’avoue. Je ne m’attendais pas à ça. De cet été. J’avais imaginé d’autres choses. J’avais anticipé d’autres souvenirs.

On pourra dire que je ne suis jamais content. Que je ne suis pas satisfait de ce que j’ai déjà. Et je dirai qu’au contraire. Au contraire. Je m’accroche à ce que j’ai plus fermement encore. Et je suis ravi d’avoir pu m’échapper en amoureux à Rome puis seul voir mes deux amis en Suisse.

Mais entre ces deux escapades, il y a eu cette même place sur mon canapé.

Il y a quelques jours, j’ai fait une blague à un ami. Une blague très conne. Comme ça pour le plaisir de faire une farce. J’ai dit. Je pars vivre en Allemagne avec mon copain qui y a obtenu une promotion. Et il m’a cru. J’ai été touché par sa réaction. Je fais partie de ces personnes qui ne savent pas ce qu’elles valent en dehors du regard/retour des autres. Alors forcément, quand il a changé de tête, et m’a dit avoir une boule au ventre, ça voulait dire que je comptais.

Et d’une blague ridicule, c’est devenu un regret.

A part mon Copain. A part ma Famille. Et à part cet Ami, je me suis aperçu que je n’étais attaché à personne ici. Et à cette blague stupide, je me suis dit. Pourquoi pas ? Dommage que ça ne se fasse pas. Dommage que je ne puisse pas partir définitivement. Dommage que je ne puisse pas faire comme ces connaissances parties un an en Australie.

Je ressens cette envie de partir à 10000 km depuis des années maintenant. Je me souviens l’avoir mise par écrit pour la première fois en 2005. Mais j’avais toujours refusé d’y penser plus que ça. Parce que je l’assimilais à un besoin de fuir. Et comme je ne suis pas du genre à fuir, je suis resté.

Mais pourquoi ? Rester pour quoi ?

// Heartbreak ‘Make Me a Dancer’ – Sophie Ellis Bextor.

// Modus Operandi : Facebook sans sucre.

Mon dernier petit message en 140 caractères a été posté cet après-midi sur Twitter. Je poursuis (maintenant l’explication de) ma désincarcération du virtuel.

Facebook. C’était en 2007. Pour Thanos.

Il partait vivre en Angleterre et j’étais attaché à lui. Nous avions beaucoup de points -ainsi qu’un crush- communs. Facebook. C’était l’occasion de ne pas perdre le contact. Et puis c’est devenu un mode de vie. Y raconter sa vie, ses déboires, y faire sa dramaqueen – et devenir la risée plus tard d’un ami de Wall-e -, y mettre plein de photos, y recevoir des invitations.

Facebook, c’était un peu le monde de Candy.

Et trois ans après. Le constat n’est pas le même. Candy est devenue une vieille connasse.

Une connasse qui m’a parfois laissé avec un fort sentiment d’exclusion. Une connasse qui m’oblige chaque jour à voir si sa photo de profil a changé ou si, par un miraculeux hasard, son profil s’est déverrouillé pour que je puisse espionner. Une connasse qui me vole du temps. Qui me fait parfois me sentir no life ou sans ami. Qui me laisse devant des photos de destinations qui me resteront inconnues ou in-atteignables. Une connasse qui m’a trop souvent conduit à m’épancher. A espionner. Glaner des informations pour justifier des comportements limites.

Une connasse parfois injuste. Etre au travail à trimer comme un dingue pour une paie-cacahuètes face à ceux qui s’y emmerdent et passent la journée sur Facebook payés trois fois plus. Finalement avouer à ses amis qu’on ne peut pas partir en voyage avec eux pour des raisons financières et tomber sur le statut pas très délicat de l’un d’entre eux blasé de traîner avec « des pauvres ». C’est aussi lire parfois qu’on n’était pas invité. Qu’il s’agisse d’une soirée ou plus.

C’est un constat particulier en ce qu’il n’est pas imputable à Facebook. Ce n’est qu’un outil. Et je m’en suis mal servi.

J’avoue également que j’ai eu ce sursaut, récemment. De me dire que je partageais des pans de ma vie privée avec des inconnus. Non pas de « Parfaits-Inconnus ». Mais des « Connaissances ». Parfois des gens que je n’ai croisé qu’en soirée. Parfois des personnes qui aiment simplement ce que j’écris ici. Mais quoiqu’il en soit trop souvent des personnes que je ne considère pas comme étant mes « Amis » au sens propre.

Et ça fait peur. Il y a cinq ans, jamais il ne me serait venu à l’idée d’ouvrir un album photo dans le métro. Et pourtant c’est ce que j’ai l’impression de faire chaque jour sur facebook. Et j’ai eu ce désir. Celui de redevenir « anonyme ». Au sens, de ne plus être à lire sur une page. Comme ces paquets de céréales que je connais par coeur à force de les lire le matin.

Beur-Boy
Oslo-Ohara/Habiba Haloufa.
02.12.1982.
Athée Politique.
Musulman-Guerrière de la Lune.
Ami avec : …

Le pire étant que mon profil est ULTRA paramètré. Des Listes d’amis à ce que peut voir un étranger, tout est réglé. Mais je ne sais pas. L’envie de revenir à des choses simples et palpables.

« Tiens regarde j’ai développé mes photos de vacances, ne mets pas tes doigts dessus ».

Si j’ai décidé d’arrêter de twitter, j’ai par contre fait le choix de me contraindre à une utilisation que je juge normale sur Facebook. C’est dingue de dire ça. J’en connais dont toute la vie est dessus et que ça ne dérange pas. Mais n’avez-vous pas eu cette impression d’être au début du film Matrix, vous ?

Après ces trois années à avoir donné à Facebook l’importance d’un journal très intime, photos et statuts à l’appui, il était temps de lui redonner l’importance qu’il mérite. Sa raison d’être – garder le contact, retrouver un amour perdu, pourrir le mur de ses potes -.

Et puis surtout, profiter du temps gagné comme on pourrait dire également profiter de l’argent épargné par l’arrêt du tabac.

// Modus Operandi : Fuck You Twitter.

Alors. Voilà comment cela va se passer.

La Fin devrait survenir d’ici Septembre. Twitter. Facebook. Blog. Pour une raison ou pour des autres. Chacun sa fin. Ou pas.

Je vais d’abord détruire ma bête noire du moment. Twitter. Et ne garder que le compte secret que je partage exclusivement avec mon copain.

Twitter c’était en 2007. Pour y rejoindre Atypik.

Avec Hervé, il nous arrivait de twitter toute la nuit d’énormes conneries. Des taquineries. Des sous-entendus. Le bête prolongement de ce que nous faisions déjà dans la vraie-vie. Twitter, alors. C’était le moyen de tuer l’immense solitude que j’avais ressentie à la fin de l’Homme à la Bouteille. Et c’était sympa. Penser à autre chose. Ne plus être triste.

Puis c’est avec Ekkooo que cela s’est poursuivi. Bien différemment évidemment. Je tapais sur mon téléphone l’endroit où je me trouvais. Et il débarquait dans la minute. Pour un bisou. Pour un câlin. Ou simplement pour un Coucou. Ainsi, je n’avais plus peur de sortir seul. Je savais qu’il viendrait. Et il est toujours venu. Pendant un an.

Lorsque j’ai perdu la mémoire. J’ai recommencé de zéro là-bas aussi. Mais c’était différent. Sans eux. Et pour la première fois, j’ai eu envie de m’en aller.

Et puis, un jour, il y a un an, j’ai découvert par un malencontreux hasard, que Wall-e s’y était mis. Nous ne nous étions pas parlés depuis des mois. Et je suis tombé sur un twitt très triste – effacé dans la minute qui a suivi -. Nous avons commencé à nous suivre en secret jusqu’à nous avouer ce « voyeurisme ». Et c’est en grande partie pour lui que je suis resté.

C’était une façon de nous re-connaître en douceur. Sans nous envahir. Et de veiller l’un sur l’autre.

Aujourd’hui, je suis blasé par Twitter. Il reflète ce que je hais vraiment chez certains gays. Des stéréotypes monstrueux, des jeux de dragueurs à flinguer, des formations d’élites ridicules, l’étalage de signes extérieurs de richesse à vomir, le culte du double-décimètre génital…

« Je suis avec mon Ipad dans le Salon VIP d’Air France en attendant mon vol pour New York et je suis déçu car il n’y pas de champagne. Le Steward est une grosse tapette mais il est dans la même salle de sport que moi et je sais qu’il a un grosse bite parce que je l’ai vu sous la douche LOL ».

Je n’ai qu’à ne pas suivre cette personne. Mais cette personne c’est tout le monde. Ce Twitt n’est qu’un ramassis des merdes que l’on peut lire ça et là sur les twitts de chacun.

Ainsi, c’est comme de la haine qui m’empare chaque fois que je lance Twitter. On peut aisément me taxer d’aigri, de jaloux, de complexé, de « pas dans le coup ». Je ne rétorquerai pas. Je sais qui je suis et l’image que je souhaite donner.

C’est dommage. Depuis l’an dernier je collectionne beaucoup de petits trucs Hello Kitty – pour ma future fille hein -, et il n’était pas rare que de temps à autres on m’écrive sur Twitter pour me montrer une photo d’un produit que je n’avais pas ou d’une figurine insolite. Un véritable clin-d’oeil/partage qui s’est fait très rare. Ce qu’il y a aujourd’hui sur ma page Twitter, ma « Timeline » n’est plus du partage.

C’est les aboiements futiles d’une meute de petites connasses parisiennes. Et je regretterai les personnes intéressantes/exceptions que j’y suivais mais qui étaient devenues trop inaudibles face à ce brouhaha.

C’est pourquoi c’est Twitter que je tuerai le premier.

Ø Deer and Fox

L’idée me galopait dans la tête. Et d’une simple idée, elle est devenue une angoisse. Un sursaut. Comme ces sursauts que l’on fait lorsque l’on s’apprête à s’endormir et que l’on se rappelle que l’on a oublié de faire quelque chose. Retirer ses lentilles. Oublier de se démaquiller. Se rappeler d’un devoir que l’on a pas fait.

Rester à la maison du matin au soir a au moins cet avantage. Envisager. Réfléchir. Planifier. Se jeter.

Je ressens cela très fort. Comme mon dégoût grandissant de la viande. J’ai toujours eu envie de devenir végétarien. Et depuis quelques temps, c’est une idée qui m’obsède. A chaque bouchée de viande, cette voix qui hurle dans ma tête. Tu es en train de manger un cadavre. L’un de mes Sursauts.

Mon autre Sursaut. Il est un peu comme ce besoin de devenir végétarien. Dégoût du vide. De la superficialité. De la virtualité. L’envie de retrouver l’Origine ne me quitte plus.

Après des années à partager. Je ressens le besoin de (me) cacher. De retourner à une vie normale. Celle qui permet des liens profonds et durables. Ancrés dans une réalité. Déconnectée.

Celle où l’on vous appelle pour prendre de vos nouvelles. Pas celle où l’on se contente de votre page Facebook. Celle où l’on vous appelle pour vous apprendre de bonnes nouvelles. Pas celle où vous les apprenez au hasard sur Twitter.

Je suis parti quelques jours. Et j’ai eu envie de partir encore plus loin. Je testais le « Loin des Yeux ». Je m’accroche encore. Je planifie même un weekend que je pressens catastrophique en Septembre.

Me couper de. Finalement, c’est aussi me rendre le plus loin. Me déconnecter nous séparera au-delà des kilomètres. C’est inimaginable. Se dire qu’il me suffit de faire sauter ce blog, mon facebook et mon twitter, pour que soudain je disparaisse de la surface de la Terre.

J’ai un peu d’appréhension je l’avoue.

Un Suicide Virtuel ? Je préfère l’annoncer. L’an dernier, lorsque j’ai eu l’Accident et perdu la mémoire, j’ai reçu des messages très durs de personnes qui ne comprenaient pas pourquoi je disparaissais. Moi, j’avais juste choisi de fermer mon compte Facebook temporairement.

« Tu as une drôle d’idée de la relation humaine et de la reconnaissance. Ta mémoire est sans doute sélective. Les gens ne sont pas là pour répondre à tes envies ou besoins du moment en fonction de tes humeurs. Ce n’est pas ma conception de la relation humaine. Ca s’appelle de l’égoïsme et non de la fidélité et du respect. Personne n’est indispensable mais personne ne se remplace. Nous verrons bien ce qu’il se passera quand on se recroisera par hasard ».

Le plus gentil des messages que j’ai pu recevoir.

Mon intention n’est pas de me couper des gens. Au contraire. J’espère réussir à créer/conserver/approfondir Moi + Les Autres sans fioritures virtuelles.

Mon choix est fait. Envie. Besoin. Lubie. Angoisse. Sursaut. Peu importe. Un jour. Une semaine. Un mois. Un an. Peu m’importe.

J’ai décidé de limiter mes effluves.

// « Deer and Fox (feat. Mimu) » – Clara Moto.

Ø Undercover Martyn.

On marchait. En parlant comme toujours. Enfin, surtout moi.

On riait comme sur tous ces trajets où l’un de nous accompagne l’autre à sa bouche de métro. La même station à plusieurs bouches. Ligne 14 pour Moi. Ligne 7 pour Lui. Des trajets que je fais durer parce que je n’ai pas envie de le laisser tout de suite. Je pourrais le raccompagner jusque chez Lui juste pour profiter de ces petites minutes.

J’adore spéculer sur la façon de nous dire Au Revoir. Baiser ? Ou Bisou ? Et je suis raide dingue du fait qu’on se suive du regard et/où que l’on se retourne plusieurs fois après l’avoir fait.

J’aime tout ça.

Et puis. Samedi. On s’avance jusqu’à la dernière station possible. Il veut rentrer. Moi j’ai une soirée de l’autre côté. Et en passant, je lui demande s’il se rappelle ce Quai.

Et Il dit. Oui. Nous nous sommes embrassés un soir sur ce quai.

Je ne m’attendais pas à ce qu’Il s’en souvienne. D’habitude. Ils ne s’en souviennent pas. D’habitude. Je suis le seul à me souvenir. A être marqué par les lieux.

J’ai dû sourire comme une gamine.

// « Undercover Martyn » – Two Door Cinema Club.

Ø Starting Today.

Je devais avoir 9-10 ans. En vacances avec mes parents. Je regardais ces groupes de jeunes adultes au bord de la piscine. Dragouillant. Rigolant. Se saoulant. Et je me disais qu’un jour, je serai à leur place.

Et puis, j’ai grandi. Tant bien que mal. J’ai l’impression d’être recouvert de bleus, bosses et autres marques de lutte. Je n’arrive pas à saisir comment on fait. Pour se mêler aux autres. Pour profiter simplement de ces mêmes autres. Pour garder tous ces autres.

Moi. Je n’arrive pas à savoir comment on fait pour devenir l’un de ces jeunes adultes au bord de la piscine.

La faute à qui ? Peut-être que personne n’est venu me sortir de ma chambre d’ado, finalement. Celle où je m’enfermais. Avec mon monde à moi. Monde trop particulier pour que mes deux frères souhaitent/puissent y entrer. Des rêveries partout. Mais à vivre seul. Et seul, on n’apprend pas les Autres.

Je ne saisis donc pas les mécanismes liant les personnes. Je ne les comprends pas. Et je me retrouve à, sans cesse, rejeter/combattre les personnes s’approchant de moi.

Hervé disait que je « testais » trop mes amis. Constamment. « Tu nous testes et tu nous notes à la moindre erreur. En fait, avec toi, on a pas le droit à l’erreur ». J’ai plusieurs fois évoqué le manque de reflet de moi dans les autres. Pas de reflet narcissique. Mais un simple renvoi. Comme un sonar. Savoir qu’il y a un écho. Pour me placer. Exactement cela. J’ai besoin de connaître ma place stricte.

La place d’un robot de cuisine c’est cette étagère dans la cuisine. Le pot à crayons se pose sur le bureau dans le salon. Le miroir est dans la salle de bain. Le parapluie dans l’entrée. Le lit dans la chambre.

Et Moi. L’impression d’être le robot de cuisine que l’on a mis dans le pot à crayons sur le lit. Je ne comprends pas. Je suis toujours perdu. Et toujours à me poser la question « Sommes-nous amis ? ».

La réponse est toujours négative. Parce que les éléments ne collent pas. Je ne suis pas à ma place. Je suis dans le pot à crayons. Et lui non plus n’est pas à sa place. C’est une horrible impression constante.

Malgré cela, je lutte. Ma place est relative. Pas absolue. Je peux être pleinement heureux même dans le pot à crayons. Même s’il n’est pas à sa place non plus. Même si rien a de sens.

Mais c’est très dur. Cette impression de ne jamais être à sa place.

Alors on vous rassure. Sur votre place. Sur votre soit-disante valeur. Je me sais remplaçable. On s’acharne à me dire que non. « Hier soir tu nous as manqués : le grain « mon prénom » n’était pas là. Essaie de profiter des amis simplement sans trop te poser de questions ». C’est le texto que m’a envoyé Lance lorsque j’ai exprimé mon malaise. Alors ça signifie que l’on est amis ? Je « manque » ? Mon « grain » ?

J’y ai cru.

Et puis ils ont planifié leurs vacances ensemble. Et je ne suis pas dans les plans. Je n’en ai rien su. On se réveille un matin et l’on découvre que ses potes, ceux avec qui vous avez fait les fous toute l’année. Ceux que vous avez le plus côtoyé. Ceux pour qui vous aviez cessé de chercher votre place. Ils sont tous partis. Ensemble. Sans vous en parler.

Et depuis qu’ils sont partis, j’analyse tout. Pourquoi ? Pourquoi on ne m’a rien dit ni proposé ? Où est-ce que j’ai merdé ? Je leur « manquais ». J’étais un « grain ». J’ai de la peine. Tenu à l’écart.

Ma place ? Je ne serai pas avec eux au bord de la piscine. Et cet été. C’est une énorme erreur. L’été où je me retrouve coincé à la maison. Enfermé dans ces murs qui m’ont depuis toujours empêché de convenablement me lier. Confiné avec Moi seul. L’Eté où j’avais Besoin que l’on me sorte de là.

Et autour de moi les autres groupes. Là où tout est coordonné. Planifié. A sa place. Et où tous seront au bord de la piscine, entre amis. Ils y arrivent. Eux.

Il me reste BS. Restait. L’ennui d’une machine comme moi, c’est que le temps que je perds à calculer ma place, elle se retrouve prise. Prise par un autre. Alors je marche derrière eux. Mais je ne profite pas. Ca ne me fait rien. Je me sens inutile. Invisible. En trop. Vraiment en trop. Où dois-je me placer ? A gauche ? A droite ? Entre les deux ? Rester à l’arrière ? Je suis de trop. Et je me demande à quoi ça sert que je m’acharne.

Revivre la Maison ? Moi et mes deux frères : 3 = 1 + 2. Et non, 3 = 3. C’est pour ça que ça ne marche pas. Parce que 3 = 3 ça n’existe pas. Moi je ne comprends que lorsque ça va par paire. Ca marche par deux. Il me faut un 2. A trois ça coince.

Alors, c’est simple finalement. « Est-ce que nous sommes amis ? » Non. Mais ça n’a plus aucune espèce d’importance. Vraiment. Un Robot n’a pas besoin d’amis.

Il me faut juste du courant. Et des données. Ah et un peu de fromage pour la souris.

// « Starting Today » – Natalie Imbruglia.

Ø The Boy Who Murdered Love.

La Vérité. C’est que je ressens tout cela de plus en plus fort.

J’avais pris l’habitude d’avoir des Hommes autour de moi. Je claquais des doigts. Et je disparaissais au choix dans les bras du Grand Blond ou sur l’épaule d’Hervé. C’était simple. Ma soif d’attentions. D’affection. Etanchée en quelques secondes.

Mais depuis l’Accident. Tout est différent. Je n’ai pas réussi à faire taire cette envie. Mon paysage masculin a complètement changé. Lunaire.

Daniel vient de partir. Je ne peux pas être câlin avec Peau Douce. Et Wall-e se transforme en pierre quand je m’en approche. Il n’y a personne. Personne pour me prendre dans ses bras comme autrefois.

Kevin Bacon retire sa main lorsque la mienne le frôle. Il ne sera jamais câlin dans un restaurant, dans un bar ou un parc. C’est une donnée que je dois intégrer.

Il n’y a personne pour tuer cette envie. Ce sera elle ou moi.

Rendez-vous à Hôtel de ville. Un diner à trois. Je déteste les chiffres impairs. Je n’ai pas envie d’être la troisième roue du scooter. Pas ce soir. Je sais que même avec B. et J. je vais me sentir seul. Mais je ne peux plus me permettre de perdre des amis/commencement d’amis.

Le comportement de B. vis à vis de J. me rappelle quelque chose. Et je mets la main dessus en lui hurlant dessus. Cesse de jouer la petite copine collante avec J.. Tu me rappelles…

Oui. C’est ce qui ne va pas. Ils nous ressemblent. Je ne penserai qu’à cela de toute la soirée.

Nous sommes trois à cette table mais je me sens seul. Et même si je parle je parle je parle, j’ai l’impression que nous sommes 2 + 1.

B. et J sont attirés l’un par l’autre. C’est évident. Ils ne se sont simplement pas rencontrés au bon moment. J. l’avoue pendant la soirée. Leurs regards ne trompent pas. Ils me rappellent l’histoire que j’ai vécu avec ce garçon pendant près de trois ans.

Il n’était pas bien dans son couple. Je sortais pour la première fois de ma navette spatiale. En pleine foule, je lui ai pris le bras et nous avons été accrochés l’un à l’autre toute cette journée. Il n’était pas clair de son côté. Ses messages étaient difficiles à déchiffrer. Oui. Non. Je ne sais pas. Moi c’était beaucoup plus simple. Coup de coeur.

Mais. Oui. Non. Je ne sais pas. Tu n’es qu’un ami. Je t’aime à ma façon. Je t’emmènerai ici. Tu viendras ici avec moi. Tu me manques. Je suis peut-être passé tout près… de toi. Je tiens à toi beaucoup plus que je ne peux te le montrer ou dire. Je pense tout le temps à toi. Excuse moi. Oui je t’aime et ça m’arrache vraiment la gueule de te le dire.

Ca a été crescendo. Et c’est ce que vivront ces deux-là si je les laisse faire. Ca ne me regarde pas. Je le sais. Mais je ne peux pas. Je ne veux pas les regarder et me souvenir. Me dire que j’ai vécu cela. Peut-être qu’inconsciemment j’essaie de détruire une fois pour toutes cette image de moi avec…

Hervé.

On était comme ça nous aussi ?

C’est ce que l’on me disait toujours. J’ai tous ces souvenirs de diners où nous avions mis mal à l’aise d’autres personnes parce que nous n’étions tournés que l’un vers l’autre. Je reconnais les regards de B. parce que je lui jetais les mêmes. Je reconnais la gêne et la façon de cacher ses sentiments de J. parce qu’Il était pareil.

Samedi soir. J’étais face à Hervé et Moi. Et je ne peux pas laisser se reproduire l’histoire même avec d’autres personnages. Je ne peux pas laisser la place à un manque quelconque.  Lorsque j’ai fini par ne plus répondre à ses textos, j’ai choisi d’en finir avec Lui. Je dois juste tenir encore un peu. Juste un petit peu. Même si oui Il me manque. Il me manque énormément quoique j’en dise.

J’aimerais qu’il revienne. Encore. Peut-être pas de la même façon. Je ne peux m’empêcher de me dire que j’ai perdu Wall-e à cause de tout ça. Et je ne souhaite pas perdre Kevin Bacon. Mais qu’Il revienne. Que nous puissions passer du temps ensemble. Nous balader comme avant. Refaire du bowling. Eviter de nous toucher. Qu’il me traite de « petit con ». Qu’il me regarde avec ses yeux de couleurs différentes. Et que ça me mette si mal à l’aise que je lui réponde comme je le faisais toujours « Pas de cela entre nous ».

J’ai tout gâché n’est-ce pas ?

J’ai tous ces souvenirs de Lui et Moi dans la tête maintenant. Des impressions. Comme celle d’être seul avec Lui même en pleine foule. Celle d’être quelqu’un de vraiment important, spécial pour Lui. Qu’Il plaçait très haut. Toujours plus haut. Comme pour me rendre définitivement intouchable.

Mais tout ceci est du passé. Je n’ai pas répondu depuis trois mois. Et à force de me mettre aussi haut je me suis dit qu’il avait fini par m’oublier sur une étagère.

Peut-être un long sevrage à faire. De mon manque de Lui. Et de mon manque d’affection.

Mais c’est moi qui ai tué tout ça. Et je dois l’assumer.

Je dois l’assumer.

// « The Boy who Murdered Love » – Diana Vickers.

Ø Dreaming.

Hier. Du mal à me réveiller. Alors j’ai retardé mon réveil de quelques minutes. Et alors je ne sais pas du tout pourquoi j’ai pensé à Lui. Venu de très loin. Très loin dans mes souvenirs. L’Homme à la Bouteille. J’ai rêvé que je croisais Michaël au pique-nique qu’on organisait avec des amis le soir même.

Ce qui est gênant lorsque l’on rêve de quelqu’un. C’est qu’on l’a dans la peau toute la journée. Vraiment toute la journée. Avec toutes les questions que cela engendre. Pourquoi est-ce que j’ai rêvé de Lui ? Pourquoi Lui ? Lui ?

Et en arrivant à ce fameux pique-nique. J’ai souri. Comme une gamine.

Il y avait ce grand brun au corps puissant. Et je n’arrivais pas à détourner mon regard. Ses yeux marrons. Sa barbe de quelques jours. Complètement perdu dans mes pensées. Dans leur ressemblance. Je souriais.

Ma vie n’est réellement faite que de ça. De coïncidences. De hasard bizarre. De surprises.

Et pour ne rien arranger. Le Garçon m’a surpris plusieurs fois. M’a regardé avec insistance aussi. Et tout ce que j’avais envie de lui dire. Sais-tu au moins pourquoi je te regarde comme ça ?

Je ne sais pas réellement pourquoi ça m’a fait plaisir.

Réminiscence ?

// « Dreaming » – Goldfrapp

Ø Te Amo.

« Le Monde est plus beau quand il est flou ». C’est ce que m’a dit Daniel. C’est la triste vision d’un garçon qui porte des lunettes aujourd’hui. Et d’un ami après lequel je cours depuis des mois. Juste pour que l’on se voit.

J’ai l’impression d’avoir demandé la Lune. Et j’en suis puni. Lui est prêt à nous effacer. Il dit qu’il est prêt à faire des sacrifices. Il ne le regrettera pas. Il souhaite que je tourne la page sur nous. Il pense que j’en suis capable. Après tout, je l’ai déjà fait avec d’autres.

Nous sommes côte à côte dans ce Starbucks. Et j’ai l’impression d’être en train de rompre. Nous sommes en train de nous séparer. Et je me demande pourquoi. Pourquoi suis-je la seule personne à rompre avec ses amis ?

Daniel n’est vraiment pas n’importe qui. Pas pour moi. Mais il parle. Il s’explique. Sur son besoin de partir. De ne s’entourer que de personnes qui peuvent comprendre son besoin d’être égoïste. Et donc d’autres sauf moi.

Et si Daniel n’était pas n’importe qui pour moi. Je découvre là, qu’aujourd’hui, moi, je suis n’importe qui pour lui. Un ami lambda qu’il souhaite rayer de sa vie parce que je me suis trop accroché à une amitié très importante… Pour moi.

Puis vint la fameuse question. « Bon qu’est-ce qu’on fait ? ». La question qui arrive toujours quand tout a été dit. Quand les blancs et silences deviennent horribles à gérer. Quand il s’aperçoit que j’ai les yeux bien rouges. La question qui survient quand Il me demande de faire un choix. Tourner la page et le laisser tranquille. Ou accepter de ne plus avoir de nouvelles de lui jusqu’à ce qu’il le décide.

Choix ? Y avait-il vraiment un choix ?

Alors qu’une voix me demandait de me lever, de dire au revoir et de partir, je l’ai trahie. Et j’ai simplement dit. « Je vais te laisser tranquille. Je ne tourne pas la page. Mais je serai là dans 3, 6, 9, 12, 24 mois. »

Je me déteste.

J’aurai dû partir. Je sais pertinemment que je ne lui pardonnerai jamais. Je ne serai pas là.

Voilà comment hier, j’ai rompu avec celui que je considérais comme mon meilleur ami.

Mon tout dernier rempart.

// « Te Amo » – Rihanna. Ecoutée dix-neuf fois hier…

Ø Paris is Burning.

Rome. Ou comment la première phrase qu’a osé me hurler un connard d’italien est « Dress like a men ! ». L’impression d’avoir quitté. Ma Cité. Ma Banlieue. Paris. La France… Pour me retrouver face à des personnes plus sévères que mes weshs weshs habituels. T-shirt trop V. Bermuda trop court. Cheveux trop… Roux ?

Oui. Le Romain est anti-mode. Anti-pédé. Anti-tout. Mais je ne l’ai pas laissé gâcher ma semaine à Deux. Cinq jours. 24h sur 24. Avec mon copain. L’occasion pour Lui de saisir une fois pour toutes que j’étais insatiable. Pour tout.

Je parle. J’ai faim. Je parle. Je bande. Je parle. Je demande un câlin. Je parle. Je fais un bisou. Je parle. Je fais une bêtise/connerie. Je parle. Je rigole. Je parle. Continuellement. Encore et encore.

C’est ma définition. Insatiable. En perpétuelle demande. Attente. D’Affection. D’Attention. Besoin d’être. Prends soin de moi. Prenez soin de moi. Lorsque l’on a toujours été celui qui s’occupe de tout, on a besoin. Besoin que l’on prenne soin de soi. Princesse ? Noyau ? Petit garçon devenu adulte trop vite ?

Il a survécu. Mon copain. Il a survécu à ces cinq jours. Faut que j’arrête de parler.

A peine rentré. Pas le temps de se reposer. Le Pacs de deux amis. Deux hommes devant un élu. Ceci n’est pas un mariage. Mais vous vous unissez devant la Loi. Ils se connaissent depuis un an et demi. Mais dès les premiers mois déjà, ils étaient. Ils savaient. C’est magique. Installés ensemble. Maintenant unis. Ils sont beaux. Ils sont Ensemble avec un grand E.

On aimerait prendre un peu de cette magie et se l’appliquer sur le corps pour un jour prochain. Certainement. Etre ce garçon dans ce costume qui dit Oui à son copain.

Suis-je fait pour cela ? Qui sera à côté de Moi ? Lui ? Et quels seront ceux qui seront derrière moi, à me voir dire Oui ?

Je prends le bus. Ma huitième Gay Pride avec toujours en tête celle de 2007. Celle de ma rencontre spéciale avec Hervé/L’inconnu. Celle de ma rencontre-non-rencontre avec Wall-E. De mon entrée chez les blogueurs. Petit monde. Monde qui vient vous faire des bisous. Des câlins. Se présenter à vous. Vous prendre en photo en cachette. Je suis apprécié, je pense.

Depuis un an. J’ai cette croyance/peur un peu surréaliste et bizarre. Que le jour où mon Copain et Wall-E se feront face, le monde s’écroulera. Alors, je crois. Que pendant quelques secondes. J’ai plissé les yeux. La seule chose qu’ils ont en commun, c’est un dispositif dans l’oreille leur permettant de m’écouter parler à longueur de journée sans se fatiguer, en ne retenant que l’essentiel et en jetant tout le reste. Ils se sont faits la bise et la Terre n’a pas tremblé.

Une Gay Pride sereine. Juste ces deux cachets pour l’estomac. Un bermuda qui s’est progressivement transformé en petit short. Une paire d’espadrilles blanches devenues noires. Un petit ami aux yeux bleus au bout du bras. Très content de l’avoir passée avec toutes ces personnes.

Et Fuck à celui qui est venu saluer tous mes amis sauf moi. Grand gamin blond qui ne changera jamais. Je ne mange plus de ce pain-là.

Et puis petit passage à vide. On délaisse le petit groupe pour nous retrouver entre nous. Et entre nous, deux inséparables. Et je réfléchis à ma place. Comme toujours. Quand ils sont collés entre eux et que vous êtes sur le côté. Même s’ils disent que vous comptez. Vous vous sentez toujours exclu. J’ai déjà vécu ça. Et je sais que ça ne s’arrangera pas. Quand vous voyez les gens se lier. Et l’impression de ne plus pouvoir pénétrer. Perdre votre place. Ils prévoient la soirée/nuit à deux. J’aurais aimé sortir avec eux mais je ne me sens pas réellement invité. Tenir une chandelle. Je ne peux pas me permettre d’être mis de côté.

Je laisse mon copain au Métro. Il est épuisé. Je file là où j’ai été invité. Mais je suis un peu éteint. Et Il le remarque. Comme toujours. Wall-E sait lire sur Moi. Je n’étais pas fatigué. J’avais encore le Feu. Pour sortir. Mais mes amis à moi n’étaient pas là. Alors je laisse tout ce petit monde aller s’éclater et je rentre retrouver Shane, Jenny, Alice, Bette et Marina.

Je suis ce petit garçon insatiable un brin princesse qui refuse de grandir et se nourrit de séries tv pour tuer un sentiment de solitude qu’il ne devrait pas ressentir si fort.

Et je finis par m’endormir.

Au réveil. Je lis Le Message. Complètement inattendu. Merci. Ca m’a beaucoup touché. Je l’additionne à ce que j’ai vu. A certains signes. Tes attentions. Merci beaucoup.

Et tout ça. C’est ma Gay Pride 2010. Et je me rappelle des Sept autres. Et j’attends la prochaine.

Paris a brûlé Samedi.

Je parle trop.

// « Paris is Burning » – Ladyhawke

1. Ti Amo e lo Urlo. Graffiti fait sur un trottoir à Rome devant un immeuble. Très jolie déclaration.
2. Bribe de la Gay Pride. Y retrouver Sailor Moon c’était magique. hu hu.

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