Nous sommes le 28 novembre, je mange des clémentines et j’y réfléchis depuis un bon moment déjà. Le nom de domaine est acheté et je l’adore. Cinq ans de Beur-Boy. J’avais 25 ans, j’en ai maintenant 30. J’ai connu des gens incroyables et j’en ai perdu également. Je ne regrette absolument rien de ce qui a pu se passer. Au contraire, mon périple m’aura conduit où j’en suis aujourd’hui. Plus complet qu’hier. Toujours aussi souriant et heureux. Et refusant malgré les conventions de devenir un adulte marron et gris. J’ai toujours mes épisodes préférés de Sailor Moon dans l’iphone, mes pouvoirs magiques et mes petites rêveries quotidiennes, et si le verre de vin rouge a remplacé le jus d’orange que j’apportais autrefois en soirée, je n’en reste pas moins un petit garçon qui voit de la couleur où il n’y en a pas et qui essaie de faire passer de son monde à lui, des couleurs qui n’existent pas dans le monde réel.

Synergie, que le spectacle commence.


Le Cycle arrive bientôt à son terme. Maintenant que je suis revenu chez moi. Qu’il y a des jours où je ne pense à aucun d’entre Eux. Je n’ai ni remords, ni regrets.

J’ai la date en tête. C’est bientôt. Très bientôt.

Je n’aurai jamais pensé. Il y a quelques temps. Avoir ce genre de réactions. Cette force de caractère. J’étais une « Pluie Fine » perdue dans plusieurs tempêtes. Une personne sans véritable force de caractère. Renfermant toutes les rancoeurs que je pouvais éprouver. M’empêchant sans cesse d’exploser par peur de la réaction des autres. Et me lâchant allègrement, ici, sur ce blog, mon jardin absolument non secret, sur lequel je faisais passer mes messages, au travers de billets plus ou moins cryptés, à ces garçons pour lesquels, oui, moi j’avais craqué.

Pas forcément d’amour. Pas forcément d’amitié. Mais sûrement de quelque chose entre les deux pour certains. Plus proche de l’un ou l’autre pour d’autres.

Le canapé magique d’Adam, la mâchoire carrée de B, les bras d’Ekkooo, les yeux vairons d’Hervé, la « bosse » de Co, les cheveux de C, la descente du Baron, la douceur de Brady, les fesses de Lancelot, la taille du Prince des Citrons, le côté protecteur de Dan, les lèvres de Wall-e…

Cinq années à aimer les morceaux d’un Frankenstein idéal. Le Frankenstein de l’Amireux. Un Frankenstein que je n’aurais jamais réussi à conserver.

Il y a les morceaux que j’ai préféré laisser. Et il y a les trois morceaux qui sont partis. Ce dont je n’imaginais pas un instant ne plus avoir de nouvelles. Ceux qui m’ont fait le plus mal. Et ironiquement, ceux que j’ai (le plus) aimé. Et si vous lisez ce blog depuis un moment, il est très facile de reconnaître ces morceaux.

Me retourner aujourd’hui et me dire que quelqu’un d’aussi important que Lui avait disparu de ma vie alors qu’il avait promis de ne pas faire comme les deux autres. Repenser à tous ces noms, surnoms, morceaux, qui ont alimenté les lignes d’histoires que j’ai pu laisser ici. C’est tellement étrange.

J’ai réellement mis, pendant cinq ans, tous mes sentiments sur ce blog.

Et aujourd’hui, je suis une personne différente. Je partage différemment. Certainement plus de cette façon. J’ai l’impression de ne plus m’étaler. D’avoir même disparu des radars sociaux. Dans lesquels, je suis davantage sur un second degré qu’un étalage insipide de vie privée.

Depuis un moment maintenant je me ré-approprie mon jardin secret. Je pense à l’Après. Je prépare un Après.

Mais ça m’a fait plaisir, aujourd’hui, de reparler exceptionnellement de ces morceaux alors que je m’apprête à les sceller ici. Un jour j’imprimerai tous les billets publiés ici, les cachés, les honteux, les heureux, les tristes, les loufoques, les « Moi », et je les relirai. Comme il m’arrive de relire mon journal de 2002.

Le Cycle se termine bientôt. Et je fermerai cette porte pour en ouvrir une autre.

En attendant, si vous êtes l’un de ces morceaux et que vous lisez ceci, je vous ai aimé, à ma façon. Et quelque part, je vous aimerai toujours. Et si vous pensez être l’un de mes morceaux et que vous ne figurez pas là, c’est que je n’en ai pas fini avec vous.

/ Grimes – « Vowels = Space and Time ».


Chaque jour, je me demande comment il est possible d’être encore plus amoureux de Lui que la veille. Et chaque jour je me demande comment tout ce que je ressens pour Lui tient dans mon corps plus très frêle. Je ne m’imagine pas sans Lui. Et je ne le veux pas sans moi. Et si cette pensée me frappe la tête, mon coeur se retourne aussitôt et je suis pris de panique. Je n’ai jamais ressenti cela pour personne. Et souhaite ne jamais le ressentir pour un autre.

Contenir l’Univers dans une toute petite boîte à bijoux. Hier, fracassée. Et aujourd’hui, si belle et si résistante. C’est merveilleusement bon. Et ça fait terriblement mal à la fois.

Je me sens tellement privilégié. Tellement particulier. Mais aujourd’hui, ce n’est pas de moi qu’il s’agit.

C’est sa journée. Un mois jour pour jour avant la mienne. Et plus que jamais aujourd’hui je penserai à Lui.


Et finalement. Cinq ans après. Je ferme un cycle. Une boucle. Je retourne d’où je viens.

Je viens de vivre les deux années les plus dures de ma vie. Un licenciement. Des amitiés masculines qui ne tiennent pas la route. Des connections futiles et insipides. Une grosse période de chômage destructeur. Des moyens qui me permettent de survivre, toujours survivre. Ou alors vivre en empruntant à droite et à gauche, promettant de pouvoir rendre… sans le pouvoir réellement.

Je me suis accroché à ce que j’ai pu. Mais le peu s’est effrité dans mes mains.

Les Filles étaient là. Damien et son Chéri étaient là. Mes petits suisses étaient là. Une poignée d’autres était là, la poignée qui t’envoie sans cesse des textos pour te voir. Et Il était là. Ils sont tous toujours là.

J’ai fini par vouloir couper tous les fils qui ne menaient nulle part. Mais je me suis dit que ça ne servait à rien. Autant simplement les détacher de mon poignet. Sans rien dire. Et attendre. Attendre, sans aucun doute.

J’ai marché pendant deux ans. Erré pendant cinq. Dans un monde qui ne me va pas. Un monde qui ne veut de toute façon pas de moi. Et finalement, je me suis arrêté devant cet endroit.

Un endroit qui m’est familier. Cette maison avec la porte rouge. Et cette question dans ma tête. Pourquoi avoir quitté cet endroit, tout d’abord ?

Etre assis à la maison. La veille de son premier jour. A son nouveau travail. Et se rendre compte. De retour d’où l’on vient. A l’endroit même où l’on a pris le départ il y a cinq ans. Etre revenu chez soi. Etre redevenu soi. A tous les niveaux. Tout simplement. Sereinement.

Et reprendre maintenant ma vie. Avec tout ce qui a résisté à la Tempête. Tout ce qui est passé au travers de ce Tamis qu’est ma vie. Tamis qu’ont été ces cinq dernières années.

/ Grimes – « Vanessa ».


Parce que je suis tout simplement amoureux de ces gifs.


Pages: 1 2 3 Next

More Posts


「Sound like the wind in my ears that blows out the knots I’ve got in my long brown hair.」
27 août 2012

「Sound like the wind in my ears that blows out the knots I’ve got in my long brown hair.」

「Ramadan et Moi(s).」
25 juillet 2012

「Ramadan et Moi(s).」

「BB Cinema Club」
10 juillet 2012

「BB Cinema Club」

「Reboot」
9 juillet 2012

「Reboot」