Je me suis pris quelques jours. Entre Noël et Jour de l’An.

Pas d’envie particulière en attendant le retour de ChériMari. Si ce n’est.

Moi – sous un plaid – sur mon canapé – à ne manger que du chocolat – et à boire du coca – devant de vieux films.

Et j’ai tenu mon programme.



C’est une petite graine qui s’est déposée au fond de moi le jour de mon anniversaire. Et qui a germé. Tout au long du mois de Décembre.

En fait. Je pense qu’elle devait déjà être là. Quelque part. A attendre la bonne occasion. Un affaiblissement général ou un moment où je relâcherai mon attention.

Pour en profiter.

Je ne sais pas si c’est le fait de prendre une année de plus. De perdre un cheveu de plus. De n’être plus satisfait de mon reflet dans le miroir. D’avoir reçu peu de messages pour mon anniversaire. Qu’il soit complètement passé à la trappe pour certains.

Ou si c’est un tout. Ou tout autre chose.

Le fait de ne pas être exceptionnel ?

Mais aujourd’hui. Après une longue journée morne et grise. A la sortie du métro. J’ai eu le souffle coupé. Et je me suis senti comme jamais auparavant. Ce n’était ni une crise d’angoisse, ni une crise de panique.

C’était une crise de Moi. D’orgueil et de fierté. Mélange de griefs et doléances que j’avais intériorisés en pensant pouvoir les dissoudre.

J’avais accumulé trop de noirceurs. Trop pour pouvoir les faire disparaître. Et plus j’essayais de comprendre, moins j’arrivais à respirer.

J’ai fini par reprendre le contrôle. A tout ravaler. Et à faire comme si de rien était.

Etre vulnérable, dépendant ou en besoin d’attentions ?

Je le refuse.


J’étais en train de regarder par la fenêtre. Au travail. Quand j’ai vu passer le serveur du restaurant d’à côté.

Et j’ai eu un flash. Comme un souvenir. 

Nous étions tous les deux. Lui et moi. Nus. Au lit. Vraisemblablement juste après avoir baisé. Mais aussi juste avant qu’on le refasse. En train de discuter et rire.

Mais ce moment n’a jamais existé.  

C’était troublant. Parce que ce flash était net. Et parce que rationnellement. Juste après. J’ai essayé de l’analyser.

Fantasme ? Déjà-vu ? Déjà-vécu ? Effet Mandela ?

Et si nos fantasmes n’étaient finalement que des souvenirs de nous d’autres dimensions ? Et si j’avais déjà vécu cela, ailleurs ? A une autre moment ? Dans un autre espace-temps ?

Je le trouve mignon ce serveur. Il est grand, brun aux yeux noirs, nez proéminent. Quoi qu’il en soit. Depuis, je l’évite. 


Barcelone. Deux jours hors du travail avec des collègues. C’était fun. Mais différent des fois précédentes.

Peut-être parce que, cette fois, je savais que tu y vivais.

Et par moments, j’espérais t’y croiser. T’y apercevoir. Te dire bonjour. Nous voir tous les deux bouches bées, inconfortables et mal à l’aise. J’aurais aimé que tu vois à quel point j’ai changé. A quel point je suis différent, en apparence. Mais finalement le même à l’intérieur. Toujours aussi maladroit. Juste un peu plus fort en caractère.

Au moment du départ à l’aéroport. J’étais un petit peu amer. L’occasion était manquée. Neuf ans que nous ne nous sommes pas vus. Et pratiquement autant d’années que nous ne nous sommes pas dit un mot.

Un jour. Tu m’as ghosté parce que notre amitié était mal vue par ton copain. Tu m’as retiré de Facebook et tu m’as demandé de ne pas répondre à ton sms d’explication laconique.

Et. Depuis je me demande comment en finir avec cette situation absurde. Nous re-rencontrer ou nous dire merde pour toujours.

Je suis dans une dimension de notre Amitié où tu existes et n’existes plus à la fois. Comme si Elle était coincée dans une boite de Schrödinger attendant que l’on observe une fois pour toutes son état.

Je ne peux pas/plus faire le premier pas. Je ne peux pas ouvrir la boite.

Te croiser à Barcelone de façon inopinée aurait été la parfaite clef.

Quand je pense à toi, Dan et ceux que je ne peux pas nommer, j’ai honte. Car j’ai finalement passé plus de temps à vous regretter qu’à vous côtoyer.

Il est des amitiés plus dures à oublier que des amours.
Dix ans l’an prochain. Il serait peut-être temps de clore ces histoires.


J’étais tranquillement assis dans le métro. Les yeux dans le vague. Ecoutant de la musique en mode shuffle.

Et je me suis mis à penser à Dan. Comme cela. Sans raison. A fantasmer sur une hypothétique coïncidence qui ferait que l’on se croiserait dans la rue. Le soir-même.

Je ne m’en suis pas aperçu tout de suite. Mais la chanson que j’écoutais s’appelait Sept Ans de Malheur. Et je pensais à lui. Que je n’avais pas vu depuis au moins sept ans.

Depuis ce jour où, au Starbucks, il m’avait demandé de l’oublier.

Mon coeur s’est mis à battre fort. Et si ? Et si ces sept années de distance étaient arrivées à terme ?

Le hasard a voulu que je prenne la Ligne 3 à Saint Lazare. A l’endroit même, où je me rappelle l’avoir prise pour la première fois à l’été 2007 pour le rejoindre lui aussi pour la première fois. Puis avec N. nous sommes passé.e.s devant cette rue que j’avais dû emprunter pour rejoindre le métro le lendemain matin quand je l’ai quitté.

Cela faisait beaucoup. Beaucoup de signes. Beaucoup de Dan.

Je lui avais dit que je serai là à son retour.
Mais il n’est jamais revenu.

Et c’est peut-être cette promesse qui m’empêche de l’oublier.

En cherchant un peu. Cela fait huit ans finalement. Pas sept.
Est-ce que je peux tourner la page maintenant ?

/ Sept Ans de Malheur – Ysa Ferrer.


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