Saison 5 ~ Futur Endroit Idéal.

C’est donc en Suisse que j’ai choisi de passer à l’année suivante. Mes deux petits suisses adorés m’avaient proposé, il y a plusieurs mois, de venir y passer quelques jours accompagné de Kévin Bacon. Et je dois dire que je ne pouvais rêver de mieux pour finir l’année en beauté.

Je reviens donc sur Paris, complètement amoureux des Montagnes. Ces géants que l’on pense immobiles et que j’ai souvent imaginé pleins de vie lors de nos déplacements en voiture.

Je crois que c’est tout moi ça. Doter tout ce qui existe d’une âme propre et rêvasser à ce sujet à longueur de journée. Un jour, je devrai me rendre à l’évidence. Je ne suis pas fait pour vivre en ville mais bel et bien ailleurs. Ci-possible un endroit avec un ciel dégagé. Pas forcément bleu mais sans grands immeubles qui masquent l’horizon, et surtout sans cette pollution lumineuse propre aux villes et qui m’empêche de regarder les étoiles. Et maintenant que les montagnes me manquent, je les ai, elles-aussi ajoutées à mon futur endroit idéal.

De nouvelles rencontres. Des personnes différentes. D’autres vies. D’autres objectifs et d’autres résolutions. L’occasion pour moi de revoir ma copie. Revoir mes envies, mes failles, ma façon de voir les choses. Toujours avancer sans me retourner.

Je n’ai pas de résolutions particulières. Justes quelques envies. Réussir dans la voie professionnelle que je viens de prendre et être toujours très près de Kévin Bacon. Toujours très près.

D’ailleurs, il y a bien longtemps que je l’ai ajouté à mon futur endroit idéal.

Saison 5 ~ Epilogue.

Les semaines qui viennent de s’écouler ont été chargées. Quasi éprouvantes. Elles marquent la fin d’une année particulièrement dure pour moi. Et annoncent un renouveau. Je souhaite que 2012 soit la plus douce possible. Tant de « 2. » dans l’année ne peuvent être néfastes.

Je croise les doigts.

L’année avait débuté difficilement. J’avais choisi de me retirer du groupe de garçons dans lequel je me trouvais. Ce ne fut pas un choix facile surtout lorsque l’on sait à quel point je pouvais les apprécier. Pris individuellement j’étais fous d’eux. Et je ne sais pas si c’est l’effet « fin d’année » ou autre, mais je dois avouer qu’ils me manquent tous un peu.

Mais les dynamiques de groupes mêlées aux attirances de chacun vis à vis de chacun et aux cancans avaient eu raison de moi. Elles ne me convenaient pas.

C’est dans un Starbucks que j’ai eu un coup de foudre amical pour un garçon. Djo. Et on ne s’est plus quitté. Faisant ainsi naître comme à l’accoutumée les rumeurs et autres problèmes dont j’ai maintenant l’habitude. Un garçon semblant plus seul qu’il n’y paraît, que j’ai fait entrer dans mon monde.

Une première pour moi qui séparais tout. Il y avait habituellement les Filles d’un côté. Mes meilleures amies. Et le monde des garçons de l’autre. Ce monde que je fréquente depuis 2007 et qui n’a pas été sans crève-coeurs. Des mondes parfaitement imperméables. Responsables en partie de ma schizophrénie virtuelle.

Cette fois-ci. Ayant décrété que le Monde des Garçons n’était pas pour moi. J’ai décidé de ne plus y entrer. Mais plutôt d’en faire sortir ceux que je souhaitais mélanger.

508 jours. C’est ce qu’aura duré mon « congé maternité ». Une éprouvante année et demie d’inactivité. Année qui m’aura détruit physiquement et moralement. Me faisant douter du futur et me coupant de plus en plus d’une vie normale que j’avais de toute façon du mal à réellement pouvoir apprécier. Etant un abonné des bas salaires qui permettent tout juste d’avoir un toit mais pas de quoi le tenir.

Le destin a voulu que la fiction devienne réalité. J’avais tellement regardé The IT Crowd qu’il semblait presque comique qu’un beau jour je passe le même entretien que Jen. Et le réussisse aussi.

Un nouveau travail pour quelques mois, le temps de reprendre parfaitement confiance en moi et en le futur. Et surtout, pour faire taire la banque.

Ma Banque habituellement si muette. Me laissant être à découvert du PIB du Mexique. A vraisemblablement bien changé. Dotée maintenant de plateformes de conseillers voraces et sans morale, elle est devenue pire que les méchants fantômes d’American Horror Story. Appels incessants. Multiples Interlocuteurs. Lettres de rappel facturées 25€15. Et agios monstres. Tout cela en l’espace de quelques jours. Le terme de « conseillers » en a perdu de sa superbe. Ce que s’est empressée d’aller corriger Ma Mère, avant d’être embarquée… par la police.

Ma vie est une série TV. Ce n’est pas nouveau. Mais il n’y a réellement qu’un domaine dans lequel les scénaristes font du bon boulot. Kévin Bacon. Mon breton qui m’a rendu accro aux McVities… et à Lui. Et dont je ne parle pas plus. Il n’y a rien de plus protégé que mon jardin secret.

Pour le reste, les scénaristes aiment encore me torturer.

Avant qu’ils ne s’acharnent à nouveau et me renvoient sur ma planète, je tenais à tous vous souhaiter de bonnes fêtes de fin d’année. Un Joyeux Noël à tous et une très bonne année.

J’ai demandé à Dame Nature qu’il ne neige pas à Paris pour que toutes les personnes qui dorment dehors ne subissent pas un trop grand froid. Et je vais m’assurer que la neige qui est en Suisse, reste en Suisse.

Brigitte vous embrasse. Moi aussi. Ce billet-épilogue concluant l’année 2011, je vous dis donc à l’année prochaine.

Saison 5 ~ Djo.

J’ai beaucoup de mal à écrire ce que j’ai très envie de hurler. Mais je suis véritablement déçu par les gens. Et ça m’énerve. Un billet mal écrit mais destiné à passer un coup de gueule.

Je traîne avec un garçon qui est adorable, gentil et qui partage beaucoup de points communs avec moi. Je l’ai rencontré quand il était sûr pour moi qu’avec les Garçons, ça ne menait à rien. On s’est très vite très bien entendu. Et on est vite devenu inséparables.

Comme toujours. Comme tous les garçons amicalement-attirés par moi, ce garçon est mignon. Il attire les regards et attise les convoitises et autres perversités des petits pédés parisiens.

Comme toujours également. Notre relation fait jaser. Et il faut préciser aux gens – y compris aux personnes qui savent que je suis MARIÉ et TRÈS HEUREUX DE L’ÊTRE – que non Djo et Moi on ne sort pas ensemble. Je ne suis pas de ce genre de mec qui couche avec ses potes. Je ne suis pas un bonobo non plus. Je fais connaissance par une bise et non par une pipe.

Les gens ont ce vice de croire que parce que tu traînes avec un garçon que tout le monde veut se faire, tu le veux aussi. Atypik, C., BradShaw, … à chaque fois c’est à moi qu’on venait demander des comptes comme on irait voir la mocheté du lycée si elle sortait avec le capitaine de l’équipe de football américain.

C’était, au début, plaisant de voir que les gens me mariaient avec de superbes garçons. Parce que oui dans ma tête je suis toujours la mocheté du Lycée. Mais surtout parce qu’après tout c’était vrai que je traînais avec des bombes. Atypik était un très beau garçon que j’adorais beaucoup pour la tendresse qu’il me manifestait. Bradshaw était un garçon incroyablement beau, une perle avec qui j’adorais réellement être et prendre soin de lui à ma manière. Et oui Djo est absolument mignon et fait tourner sans le chercher réellement 150 têtes à la minute.

Mais si j’ai commis l’erreur de laisser mon amitié ambigüe avec Atypik et surtout les rumeurs qui en naissaient finir d’achever mon histoire avec Jolies-Lèvres. Il est hors de question que le Vice des personnes viennent troubler ma relation avec Kévin Bacon. Parce que, cette fois-ci, il n’y a aucune ambiguité. Tout comme il n’y en avait aucune avec Bradshaw (on ne pouvait même pas se prendre dans les bras tant on ne s’attirait pas c’était le pied cette non-attirance réciproque).

Et ce qui m’énerve encore plus que ces rumeurs et autres fantasmes des gens, c’est leurs réactions quand ils souhaitent voir Djo sans moi.

Djo n’est pas mon frère siamois. Il n’est pas non plus mon frère jumeau. Il n’est pas comme je le répète encore mon Mari. C’est un ami. Et il est absolument normal que des personnes puissent le voir sans moi. Sans moi, et sans même que je sois OBLIGÉ d’être au courant en plus.

Parce que je ne suis ni sa mère, ni son père, ni son tuteur légal. Parce que je n’ai aucune décharge à signer. Parce que quand mes amies voient d’autres amis, il est naturel que je ne donne pas d’autorisation, que je ne le sache parfois même pas. Et quand bien même je le saurais, il serait d’autant plus naturel que ça ne me fasse rien.

Ainsi, oui, M.Tout Le Monde, Djo a le droit de voir qui il veut sans moi. Je suis même très content de voir que les gens que je connais l’adorent et le trouvent génial aussi.

Alors, BORDEL DE MERDE. Le prochain qui en lui proposant un rendez-vous lui demande : « et Oslo, ça va pas le déranger ? » ou « faut pas le dire à Oslo, ça va pas lui plaire, hein ? », ou « j’ai peur qu’Oslo le prenne mal ! », je le BUTE.

Non parce que je vais vous dire, c’est toutes ces personnes qui me déçoivent là. Et ça va pas être évident à rattraper tant ça me gave.

Voilà, mon petit coup de gueule est passé. J’ai plein de choses à vous raconter, comme par exemple comment la BNP me harcèle pour mon découvert, comment mon bureau au travail me plait, quel dernier cadeau d’anniversaire je viens de recevoir et à quel point, oui, je suis complètement et chaque jour encore plus amoureux de Kévin Bacon.

Mais c’est une autre histoire.

Saison 5 ~ 29.

00:00. Un message du chéri avec des petits tournesols dedans. Et c’est juste parfait pour démarrer ma nouvelle année. Mon année 29.

Je ne sais pas exactement ce que va me réserver cette journée. Habituellement, je m’arrange pour ne pas travailler ce jour-là. Parce que pour moi, le jour de notre naissance devrait être un jour férié. Mais j’ai trouvé ce travail il y a peu et il me fallait bien casser ces 508 jours horribles.

Je sais que demain encore, je vais essayer d’attraper mon Chatbus. Que je vais encore rêver de tout et de rien sur mon trajet. Que je vais m’inventer des histoires de pouvoirs magiques et de personnes à sauver. Que j’arriverai très certainement à me convaincre que je peux contrôler les feux de signalisation, les portes du métro (M1 et M14) et la porte des ascenseurs par la pensée.

Je sais que les messages qui me parviendront dans la journée me feront très plaisir. Mais que je n’aurai pas le temps de les regarder. J’aurai planqué mon téléphone dans mon sac pour éviter que mes nouveaux collègues de boulot ne sachent que c’est ma journée aujourd’hui.

Je pense que j’aurais l’air un peu ailleurs. Qu’on ne verra pas tout de suite que j’ai une année de plus. Et peut-être même quelques cheveux en moins et quelques kilos de plus. Qu’on me donnera encore 26 ans comme hier parce que « j’ai un sourire grand comme ça ».

Je suis sûr que mes collègues diront que je suis un vrai gamin à cause de mes fous rires à de très mauvais moments. Que mes amis qui me verront aujourd’hui, diront que je suis complètement dingue. Et que je ne changerai jamais.

Ma Maman va certainement se dire que son bébé a 29 ans. Avant de se souvenir qu’elle n’en a que 51. Que mon Papa va arrondir à 30 et me dire que je suis un Homme maintenant, ce qu’il me dit depuis que je fais deux têtes de plus que lui depuis mes 9 ans. Que mes petits frères qui font eux deux têtes et deux corps de plus que moi vont se dire que l’on vieillit. Que je ne suis plus cette brindille aux grands pieds, aux cheveux monstrueux, à l’acné bourgeonnant et au très gros nez que j’étais il y a encore dix ans. Ou alors que pour eux je le serai toujours.

Je sais que normalement la dernière personne que je verrai aujourd’hui ce sera Lui. Et que ce sera parfait pour terminer Ma journée.

Je sais qu’en apparence c’est un jour comme tous les autres. Je sais que pour tout le monde c’est un jour comme tous les autres. Mais pour moi aujourd’hui c’est un jour très spécial.

C’est mon anniversaire.

Saison 5 ~ It’s Time.

Petit billet inhabituel. Une vidéo. Une vidéo spéciale qui me tient beaucoup beaucoup à coeur.

Je respecte les homos qui ne veulent pas se marier. Mais je n’oblige personne à ne pas bouffer quand JE fais le Ramadan. Nous devrions tous pouvoir nous marier. Libre à chacun d’exercer personnellement ce pouvoir/cette possibilité. Le discours « pourquoi imiter les hétéros ? », « moi je ne veux pas me marier parce que c’est pas pour nous », « le PACS me suffit » est un faux débat. Qu’on ne m’empêche pas de me marier parce qu’on pense que ce n’est pas pour les homos. Avant d’être Homo, je suis un citoyen lambda. (ou Lambada ça dépend des jours).

Mêmes devoirs – Mêmes droits.

Je ferai un beau marié. Et mes enfants seront les plus beaux du monde. Vous verrez.

Bisous et à vendredi.

Saison 5 ~ Rhinadvil Power.

C’est Oslo Ohara. Je sais, cela fait deux semaines.

L’une de mes habitudes. L’un des détails qui, certainement, me caractérise le plus… C’est ma Chemise TRES ouverte. Ou mon col TRES V. J’ai toujours la gorge TRES dégagée.

Printemps, Eté et Automne, le buste à l’air, le téton qui se laisse parfois surprendre. Et jusqu’à ce que l’Hiver arrive et que je ressorte mes écharpes longues de trois kilomètres, ma chemise est toujours ouverte jusqu’au quatrième bouton. Soit deux boutons de plus que la plupart des hommes que je croise.

Mais cela a un prix. Prix qui varie. L’angine blanche. La Rhino-Pharyngite. Le Rhume. Ou la Grippe.

Plus jeune, quand j’étais malade, ma Mère me délocalisait de ma chambre-forteresse pour m’installer dans le salon. Mes fortes fièvres et chutes de tensions lui faisaient tellement peur, qu’elle préférait que je reste dans cette pièce centrale toujours très animée et près de la chambre de mes parents.

Confortablement emmitouflé sous la couette au beau milieu du salon, toute la famille faisait ainsi attention à moi. Mes frères me taquinaient, profitant de mon état pour me faire les pire saloperies. Ma mère surveillait fréquemment ma fièvre. Mon père me rappelait que pour guérir il fallait bouger et donc ne pas rester allongé. Et Luna, mon gros chat de dix kilos absolument infect avec moi en temps normal et Lolo, l’adorable petit chat-ange venaient s’allonger près de ma tête ou sur mes jambes pour me veiller.

Et ça a toujours été ainsi. De ma plus tendre enfance jusqu’à mes 22 ans. J’étais toujours veillé et soigné par tout le monde.

Lorsque je me suis installé tout seul, c’est l’une des choses qui m’a le plus manqué. Parce que, même si tout le monde est toujours très présent dans ma vie, et même si ma Mère insiste toujours quand je suis malade pour que je revienne dormir à la Maison, tout est différent. Je vis seul.

Et pourtant, je reproduis instinctivement ces schémas de guérison, ces petits trucs qui me manquent.

Quand je tombe malade, je prends mes coussins, ma couette et mon ours et je migre dans mon salon. Je délaisse mon lit dès les premiers symptômes et ne le récupère que lorsque je suis entièrement guéri. Je me fais un marathon d’épisodes de séries comme pour combler l’absence de ma famille.

J’ai ainsi avalé The Walking Dead, 2 Broke Girls et American Horror Story. TOUS les épisodes disponibles et existants. Plus de vingt épisodes pour me tenir compagnie. Et comme toujours, fait étrange, au moment de m’endormir, ce poids sur mes jambes. Comme si feu-Luna venait me veiller. Une impression à la fois effrayante et réconfortante.

C’est dimanche 6 au soir que j’ai ressenti les premiers symptômes – gorge gonflée, nez pris et fièvre – et j’ai l’impression d’avoir dormi deux semaines. J’étais fatigué et bizarrement j’avais très envie de salé, moi ! Une personne ultraglycémique !

Et comme toujours quand je suis malade, je deviens une perle, absolument gentil et serviable – beaucoup plus que d’habitude, c’est aussi une raison pour laquelle je m’enferme. Je n’aime plus le coca, symptôme le plus troublant je pense. Et étonnamment, quand je vais mal, je ne suis pas chouineur.

Et ça doit plaire au Breton. Mon Copain. Le fait d’être malade et de ne pas me plaindre. Je suis même plus silencieux que d’habitude – un soulagement pour mon entourage apparemment. En Décembre déjà, quand il est revenu d’Australie, j’étais très malade. Et bien que complètement tué par le décalage horaire, il avait été aux petits soins pour moi. Et cette semaine encore, j’ai eu de la chance, il était en vacances et absolument adorable, même si j’étais moins malade.

Enfin, voilà. C’était moi. J’étais absent ces deux dernières semaines. Malade. Je n’ai toujours pas récupéré mon lit. Je suis toujours au milieu de mon salon, ordi sur les cuisses et ours posé à côté de moi. Mais ça va mieux. Beaucoup mieux. Et aujourd’hui, je bouge et enterre 508 jours.

Saison 5 ~ 36.

Ses surnoms. Le Mâle. Kevin Bacon. Ou dernièrement Le Breton.

Il est arrivé quand je ne m’y attendais pas. Juste après une rupture. Ce jour-là, je suis arrivé en retard à notre rendez-vous. Il m’attendait près de cette fontaine. Il pleuvait. Je suis sorti du métro et suis tombé nez à nez avec ce grand gaillard à la superbe voix grave et à la veste en cuir.

J’avais eu l’impression que jusqu’à présent je n’étais sorti qu’avec des gringalets, des garçons. Là je rencontrais un homme. C’était un homme. Et malgré ma tristesse, j’ai ressenti ce petit quelque chose, que j’ai immédiatement appelé « Alchimie ».

Malgré tout, je ne le pensais ni en mesure d’effacer le précédent ni en mesure de me guérir. Je n’étais pas décidé à le laisser entrer dans ma vie. C’était trop dangereux pour moi. Qui pouvait me garantir qu’il resterait ? Qu’il serait encore-là dans deux ans ? Que j’en serais follement amoureux ?

Personne.

J’étais froid, absolument pas câlin, ni très disponible. J’étais absolument l’inverse de ce que je peux être habituellement avec un garçon. Je savais pourtant très vite que je tomberai amoureux de lui. J’avais même tout fait pour m’en empêcher. Mais nous savons qu’il est impossible de contrôler ses/ces sentiments.

Ca commence comme ça. On remarque à quel point il est beau. On a envie de le prendre en photo – d’abord en cachette -. On aime comment il s’habille. Son t-shirt Star Wars. On devient raide dingue de ses superbes yeux bleus. De ses lèvres fines. De sa dentition. On le laisse nous prendre dans ses bras. Nous regarder une seconde de plus que la normale. On aime son côté adulte, secret, très indépendant, absolument pas bavard. On joue avec sa chaîne autour du cou … Petit à petit, on l’a laissé entrer dans notre vie sans s’en rendre réellement compte.

Mais on se sent bien. Il devient la priorité. On voudrait le voir tous les jours, tout le temps. Lire ses pensées. Comprendre ses regards. On voudrait être le plus beau du monde pour lui. Moins gaffeur. Moins bavard. Moins « garçon à problèmes ». On aimerait savoir ce qui fait qu’il est avec nous. On souhaite qu’il ressente ne serait-ce qu’un pour cent de ce que l’on ressent pour lui. Parce qu’un pour cent c’est déjà énorme.

Et on est plus de deux ans après, c’est son anniversaire, on réfléchit à ce que l’on va pouvoir lui offrir, comment on aimerait être riche pour le combler de cadeaux, on écoute la BO de Drive en pensant à lui parce qu’il a réussi à nous la mettre en tête à vie, on s’endort en rêvant de lui, en imaginant le futur avec lui, on voudrait qu’il sache à quel point on est fou amoureux de lui et on insiste sur le fait qu’il serait encore bien loin du compte.

Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de l’Homme dont je suis toujours plus amoureux, jour après jour. Ce n’est pas quelque chose qu’il lira mais j’avais juste envie de l’écrire.

Et j’en suis ému.

Saison 5 ~ Bruxelles.

Il y a quelques semaines, mon ami Damien me proposait de m’échapper le temps d’un weekend à Bruxelles. Il avait prévu d’y aller avec son Copain et trouvait sympa qu’avec Mon Breton on les y accompagne.

Seulement voila, mon compte bancaire était déjà déficitaire et l’arrivée prochaine de la taxe d’habitation m’avait forcé à décliner. Mon Copain semblait pourtant très intéressé mais je ne pouvais vraiment pas me le permettre. Déçu, j’ai fini par complètement oublier cette histoire jusqu’à il y a une semaine.

Au Starbucks avec Mon Copain. Autour de deux thés et entre deux conversations, Il m’a demandé ce que je faisais le weekend suivant. Ignorant complètement ce qu’il avait en tête, j’ai répondu qu’on se verrait comme d’habitude. Jusqu’à ce qu’il rougisse…

Train, hôtel. Il avait organisé un véritable petit weekend surprise. Et moi qui sais habituellement tout, je n’étais absolument pas au courant. Tout s’est fait dans le plus grand secret ! Je n’avais même pas vu les billets trainer chez lui. Rien ! La surprise totale. LE BONHEUR.

Vendredi dernier. On s’est donc tous donné rendez-vous Gare du Nord pour prendre le fameux Thalys, en retard alors que – fait rarissime – non seulement j’étais à l’heure mais en plus j’étais très en avance ! Dans le train, mon Copain m’a initié au jeu Carcassonne sur son iPad. Alors Damien connaissant un autre « jeu » appelé Carcassonne, je précise que c’est un jeu de stratégie très sympa et non un façon douloureuse de gâter son copain… hu hu.

Arrivé à Bruxelles. Le Dépaysement total.  Et, comme à chaque fois que je voyage, la bourde qui marque le séjour.

Lorsqu’en 2008, Jolies Lèvres m’avait invité à Berlin, ma valise était, elle, restée à Paris. Cette année, arrivé à Bruxelles, ma banque m’a coupé les vivres. Impossible de retirer de l’argent. La veille encore ma carte bleue fonctionnait pourtant à merveille.

Là, dans un pays étranger, sans un sou en poche, elle m’indiquait que la limite autorisée était dépassée. Etonnant, quand on sait que JAMAIS ma banque ne m’empêche de tirer de l’argent ni de payer même lorsque ma « facilité de caisse » est largement dépassée. Elle me laisse TOUJOURS creuser ma dette grecque à moi.

J’ai donc dorénavant décidé d’utiliser ma carte bleue comme les Cat’s Eyes se servent de la carte de leur bar.

Le weekend commençait mal. J’étais très mal à l’aise et assez dégouté. Et c’est très honteusement que j’ai vu mon Copain s’occuper de tout. Et vraiment tout du coup. Je n’ai rien pu payer. J’ai passé le weekend à supplier les DAB belges… entre deux bières.

Oui, parce que je n’ai bu que ça. Grimbergen, Kriek et ma préférée… La Pécheresse. Rien que son nom, j’adore. J’ai aussi, évidemment, mangé des gaufres, de la carbonade, des moules, des frites. J’ai montré mon zizi au sauna de l’hôtel – en tout bien tout honneur hein. On s’est beaucoup baladé. J’ai pris près de 700 photos en trois jours. J’ai enfin vu le Manneken-Pis et surtout surtout la Jeanneke-Pis, qu’on ne connait pas.

Bruxelles est une ville complètement dépaysante. C’est dingue comme tout semble si proche et si éloigné à la fois. L’architecture du centre-ville est particulièrement intéressante. La ville est un mélange de langues, de cultures et de choses étonnantes – les trains à tête plate, les boutons dissociés de l’interphone d’urgence du métro pour parler et écouter l’assistance, les titres de films en VO quand en France les mêmes ont été traduits avec pour aberration « The Smurfs », les machines pour valider les titres de transports placées de façons incongrues genre à vingt centimètres du sol à la station De Brouckère par exemple…

J’ai beaucoup apprécié ce que j’ai pu voir de Bruxelles. Damien a vraiment eu une idée géniale. Et j’ai aimé la découvrir avec mon Copain. Je ne le remercierai jamais assez pour ça.

Saison 5 ~ Another Earth.

Je ne suis pratiquement jamais à l’origine du choix d’un film au cinéma. Non pas que je suive bêtement mon petit copain ou mes amis, mais je me laisse volontiers et volontairement embarquer dans l’univers, les goûts et l’envie de l’Autre, d’un autre. Et j’en suis rarement déçu.

J’ai toujours cette impression de m’être ouvert à autre chose. D’avoir élargi mon esprit, ma vision du monde. Et surtout d’en sortir chaque fois plus différent. Parce que je sors toujours fortement imprégné d’une salle de ciné. Fortement imprégné par ce que je viens de voir. Par ce dans quoi je viens de plonger parfois complètement.

Rhoda Williams est une jeune fille brillante et passionnée d’Astronomie. Elle rentre chez elle, un soir, après avoir fêté la nouvelle de son entrée au MIT (Massachussetts Institute of Technology). Sur la route, elle entend, à la radio, cette nouvelle incroyable d’une planète s’approchant de la Terre et se penche par la fenêtre de sa voiture pour l’apercevoir. Complètement absorbée par ce point bleu dans le ciel, sa voiture percute de plein fouet la voiture de John Burroughs et tue sa femme enceinte et son fils.

Quatre ans après, la mystérieuse planète est maintenant ancrée dans le ciel, et, fait surprenant, il s’agit de la copie exacte de la Terre. Dans un climat général de premier contact avec cette Terre-Mirroir, Rhoda sort de prison et décide de présenter ses excuses à John, sorti du coma et sombrant dans la dépression.

Appelé très injustement et bêtement « le Melancholia du pauvre », Another Earth de Mike Cahill est un film particulier que j’ai trouvé intelligent et beaucoup plus intéressant que le film de Lars Von Trier. Si effectivement côté budget, Another Earth se rapproche plus de mon découvert et si, il faut le souligner, du point de vue de la photographie Melancholia était superbe là où Another Earth fait vraiment amateur, j’ai vraiment apprécié le propos du film, l’histoire des deux personnages et de cette Terre Mirroir, semblant observer du ciel, les choix des protagonistes.

Another Earth est une véritable réflexion sur les Choix de chacun, les conséquences et, en suspend ce « et si ? ». Et si mon Moi sur cette planète n’avait pas fait d’erreurs ? Avec cette scène finale qui m’a donné la chair de poule tant je suis sensible sur ces histoires de Terre-Miroir, mondes parallèles, doubles etc.

Mais le film est aussi ce lien particulier unissant ces deux personnes complètement détruites et désynchronisées de la société. Elle, pourtant brillante, ne souhaite à sa sortie de prison, ne faire que des ménages et (sur)vivre simplement. Lui, à sa sortie du coma, s’enlise dans la dépression et le désordre. Et ce lien très fragile risquant de se rompre brutalement à n’importe quel moment du film, s’il venait à découvrir que c’est Elle qui lui a détruit la vie.

Et si ? Je me suis souvent posé cette question. Moins depuis quelques temps, je dois l’avouer. Moi qui avais pour mauvaise habitude de vivre au passé, d’être prisonnier de réminiscences, de souvenirs et de nostalgie, j’ai de plus en plus l’envie et le réflexe de me projeter. Penser à l’avenir, non plus comme un rêve ou des envies mais de plus en plus comme quelque chose de concret.

Je suis aussi une véritable machine, mon cerveau analysant à chaque seconde, chaque minute, chaque moment, la moindre de mes actions, et les conséquences qui peuvent en découler. Rien n’est jamais le fruit du hasard avec moi. Tout est réfléchi malgré l’apparente impulsivité de certaines de mes décisions.

Et je n’ai jamais de problèmes ni de honte à changer de chemin, bifurquer, faire un pas en arrière pour en faire deux en avant si je m’aperçois que la route que j’ai prise n’est pas la bonne. Je reste persuadé que si la route n’était pas la bonne, la décision de la prendre, si. Et je ne regrette, de ce fait, jamais une décision. La vie m’a prouvé qu’il y avait une raison pour chaque chose. Il suffit d’attendre.

Je ne regrette rien. Je ne pense pas au « et si ? ». J’ai quitté les garçons en début d’année comme j’avais quitté bien d’autres garçons avant eux. C’était une décision murement réfléchie et je ne regrette absolument pas de l’avoir fait. Mais je ne suis pas qu’une machine, il y a en un qui m’a toujours plus manqué que les autres. Et je ne regrette pas non plus de lui avoir envoyé un message, il y a quelques jours. Maintenant que ce soit réciproque ou non, qu’il ait fait tourner ce message ou pas, qu’il y ait une suite à cette prise de contact ou non, je ne le regretterai pas, je le sais.

Une fois que c’est fait, c’est fait. Et j’avais envie de le faire. Je me rappellerai toujours d’une phrase que m’avait, un jour, dit Jolies Lèvres « si je pouvais changer quoique ce soit dans le passé, je ne changerais rien, parce ça m’empêcherait peut-être de te rencontrer ». Et si, aujourd’hui, cette phrase résonne plus pour le garçon dont je suis amoureux, elle reste vraie. Envisager un « et si ? », c’est oublier que le présent découle de choix, d’actions, de bonnes et de mauvaises choses. Et que changer l’une de ces choses, c’est changer le présent.

Alors pas de « et si ? » pour moi. Juste des « maintenant, que fait-on ? qu’envisage-t-on ? ». Et surtout pas de regrets.

Bon, je me demande quand même ce que fait mon double, là maintenant, tout de suite ? hu hu. Est-ce qu’il prend le train pour Bruxelles, lui aussi ?

Saison 5 ~ Bye Bye Matelas.

Je ne suis pas matérialiste, au sens large du terme. Mais je peux très fortement m’attacher à certains objets.

Cet attachement ne se porte pas réellement sur l’objet lui-même mais plutôt sur les souvenirs auxquels il renvoie. J’ai de ce fait, toujours beaucoup de mal à me défaire de certains de mes meubles, affaires, cadeaux. J’ai parfois l’impression d’avoir le même toc que Princesse Sarah, très attachée à la photo de ses parents et à sa poupée Emily. Ou même, à ce sdf de la Ligne 13, toujours entouré de ses sacs plastiques et bouteilles vides.

Et si un feu se déclarait chez moi. Que sauverais-je ? Je pense que je brûlerais vif tant il y a de choses que j’aimerais sauver.

Mes peluches ? Ma boîte à photos ? Les cadeaux divers reçus au fil des années ? Ces bouteilles de champagne ouvertes pour nos dates-clefs dont je me sers comme vases ? Mon ordi et tout ce qu’il contient de ma vie ? Mes dessins ? Cette plante qui a survécu à la rupture (quand toutes les autres sont mortes à ce moment-là) ? Brigitte ? Toutes les Hello Kitty ? Ma télé, ma Wii, mon Ipod et tout ce qui m’a été offert par mes parents ? Mes affaires et tous ces vêtements que j’entasse dans cette – trop petite – armoire ? Les Murs, qui ont vu tant de choses ?

Que sauver ?

En fait, je devrais pouvoir me dire que les souvenirs ne sont pas prisonniers de ces objets et pourraient véritablement survivre sans eux. Que si un jour, je dois quitter mon appart, je me rappellerais toujours de ses/ces murs.

C’est la malédiction des personnes prisonnières du passé. La peur de perdre les souvenirs. Alors que j’aimerais beaucoup vivre du futur.

Lundi dernier, j’ai remplacé mon matelas. Il avait dix ans et un énorme gouffre en plein milieu qui non content de me tuer le dos, me faisait toujours rouler sur mon copain quand il dort à la maison. Et au moment de m’en débarrasser, je me suis dit que ce matelas avait vécu. Vécu beaucoup de mes souvenirs. Il avait connu quatre de mes petits copains et un millions de positions, de câlins, de bras coincés en voulant dormir l’un dans l’autre. Il a aussi connu toutes ces nuits où je me suis couché en pleurant entre chacun de ces garçons. Il a connu des déplacements dans le salon pour une soirée pyjama ou pour des dimanches après-midi cinémasexes.

Ce Matelas m’a connu. Et passé « l’épreuve » de le descendre de chez moi et de le déposer avec les « encombrants », je me suis aperçu que les souvenirs pouvaient survivre sans lui.

Mais « Encombrants ». Moi je n’ai jamais considéré mes affaires, meubles et autres comme des encombrants. Lorsque je vois comment les gens n’ont aucun mal à se défaire de leurs objets, ou mêmes des cadeaux qu’ils ont reçus en les revendant ! Lorsque j’observe mes frères qui se débarrassent sans scrupules de ce qui leur appartient. Lorsque je vois comment les gens déposent sans respect des objets qui ont fait partie de leur quotidien dans la rue. Oui parfois, je me dis que je suis « spécial ». Parfois je me demande si je ne voue pas un culte à ces objets. Je parle d’ailleurs de « respect ». Et comment expliquer le fait d’avoir pris une dernière photo de ce matelas ? Je dois certainement être toqué.

Et que dire de ce cendrier improvisé dans mon balcon que je n’ai pas vidé depuis mon arrivée dans cet appart en 2005 et qui contient les mégots de ces mêmes quatre petits copains, priés de fumer dehors ?

Prenons quelques secondes pour rendre hommage à ce matelas qui aura partagé ma vie et la vie d’autres personnes qui ne s’en doutent même pas. Et si vous êtes arrivés à cette ligne, vous lui avez également, sans le vouloir, rendu hommage. Et si d’un coup vous regardez d’un oeil différent les objets qui vous entourent… ne m’en voulez pas, vous êtes devenus aussi toqués que moi.

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