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M28 – Je suis le genre de personne qui tente de se rendormir le matin juste pour finir un rêve.

Et parfois. Quand le rêve est agréable et que j’en suis extirpé malgré moi. Par le réveil, par un bruit ou simplement parce que mon corps a décidé qu’il fallait se lever. Je referme les yeux. Dans l’espoir d’y retourner.

J’avais rêvé de ce collègue sur lequel j’avais eu un coup de coeur. C’était un moment fort agréable où nous étions tous les deux. Allongés. Ma tête posée sur son ventre.

J’étais tellement bien que. Lorsque mes yeux se sont ouverts. Et que j’ai de nouveau basculé dans cette réalité où. Pour lui. Je n’étais qu’un collègue. Et où. Pour moi il n’était qu’un énième crush hétéro.

J’ai refermé les yeux. Pour revenir dans ce rêve. Ce monde parallèle où nous étions intimes.

Et le pire dans tout cela. C’est que cette fois-là. Il y a pratiquement 14 ans. Cela avait fonctionné. Et j’avais pu le retrouver.

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M27 – J’ai rêvé de toi et j’espère que tu es heureux.

Il m’arrive très souvent de rêver de gens lointains. De personnes que je n’ai pas vues depuis longtemps.

En 5eme. Je suis tombé amoureux du plus beau garçon – hétéro – du collège. Nous étions dans la même classe et nous sommes devenus amis.

À la rentrée suivante, il n’était plus là. Il avait changé d’école. Et hormis cette fois où je l’avais croisé en me rendant à mes cours de dessin. Je ne l’ai plus revu avant il y a quelques années.

Il est revenu plusieurs fois cependant. Dans mes rêves. Et à chaque fois. Je me réveillais heureux.

Heureux de l’avoir vu. Heureux de savoir qu’il allait bien. Jusqu’au moment où il ne m’est plus apparu et que je suis passé à autre chose.

Comme si les rêves étaient une façon de guérir les petits bobos de coeur. En douceur. Pour nous permettre d’avancer. Tranquillement.

Vers la prochaine destination.
Un nouveau garçon, toujours.

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M26 – Dans un monde où tout est surexposé, le truc le plus cool à faire est de rester mystérieux.

C’était la décision que j’avais prise en créant ce blog. Ne jamais y mettre ma tête.

Et ça m’allait parfaitement. Au début. Quand il y avait ce personnage – Beur-Boy et que je me cachais derrière. Parce que je ne l’assumais pas complètement.

Mais à partir du moment où j’ai laissé tomber ce masque. Je dois admettre que. Les choses ont changé.

Au fond de moi. Au fur et à mesure que je me dévoilais par mes billets. J’avais envie de m’exposer. De me montrer.

J’enviais. Et j’envie toujours un peu les blogueurs ou twittos qui sont à découvert. Je les trouve plus libres. Plus intrépides. Sans peur. Et j’ai l’impression que. Parce qu’ils offrent leurs visages, leurs vies. Ils fédèrent beaucoup plus.

Moi. J’avais peur d’être confondu avec ce que j’écrivais. Peur d’être reconnu. Par des proches ou le travail. Mais aussi et surtout par de mauvaises personnes. La crainte de la viralité d’Internet m’a très tôt amené à me protéger.

Cacher ma tête. C’était me préserver.

Paradoxalement. N’être qu’une nuque. Qu’un bout de corps sans tête. Tout cela. Amenait les gens à vouloir en savoir plus. Cela intriguait. Faisait fantasmer. Car dans un monde où tout le monde s’expose sans arrêt. Réussir à maintenir son mystère est un pouvoir.

Alors oui. Ma tête est là quelque part. Suivez les petits cailloux blancs. Mais elle n’apporterait finalement rien à ce que j’écris et aux messages que je souhaite faire passer.

Elle ne me servirait qu’à nourrir mon égo, mon côté attention whore. Un Dîtes-moi que je suis beau virtuel. Rien de plus, me concernant.

C’est la raison pour laquelle. Après toutes ces années à me cacher tout en enviant ceux qui se montraient. Je préfère continuer à garder le mystère.

Une façon également pour moi de le dire.
Je ne suis personne.

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M25 – Ouais ça me dirait bien de recevoir un chèque de 600 000 dollars.

Spoilers : non, absolument pas.

À vrai dire. Je le vivrais mal.

Recevoir cet argent. Sans véritablement l’avoir mérité ni proprement gagné. Je pense que cela me rendrait malade. Réellement.

Je crois que j’aurais mal au ventre. Rien qu’à penser à ceux qui n’ont rien. Ceux qui triment toute leur vie. Ceux qui travaillent et dorment dans leur voiture. Toutes ces familles qui ne peuvent joindre les deux bouts. Et surtout. Toutes ces personnes qui vivent dans la rue.

Je déteste l’argent. J’ai toujours détesté ce que cela représente.

Parfois. Dans mes rêveries étranges et loufoques. Je lance des simulations de civilisations sans argent. Mais elles échouent toutes. Car tôt ou tard, les Humains ne se satisfont plus du troc. Ils créent une monnaie. Et les plus cupides asservissent les autres.

Faire un don ?

Je ne sais même pas combien il me faudrait donner sur ces 600 000 dollars pour ne pas finir par être rongé par cette injustice qu’est l’argent.

Et si on s’en débarrassait ?