La photo de nous sur ton mur.

La soirée d’anniversaire d’un Ami. L’un de ceux que j’ai ghosté en 2011.

A cette époque. J’avais quitté un groupe de garçons. Oui. Encore une fois. Je croyais que c’était cyclique. Que l’amitié gaie ne pouvait durer que deux ans.

Seulement cette fois-ci, point de rupture amoureuse comme excuse. Juste un mal être, de la rancoeur et du ressentiment, parce que depuis plusieurs mois, je m’étais senti mis de côté.

Le mur au-dessus de mon bureau était constellé de photos d’Eux. Des Garçons de ce groupe, mais aussi de celui juste avant. De tous mes Amireux en fait. Ce terme, c’est Cayetano qui l’avait trouvé après notre rupture à nous en 2005. Dans cette zone grise post-séparation où l’on n’est plus amants mais plus tout à fait simples amis.

Quoi qu’il en soit. Devant ce nouvel échec, j’avais fini par retirer leurs photos.

Leurs photos à tous.

Les nouveaux, les anciens. Tous. Si je ne suis pas important pour vous, alors vous ne le serez plus pour moi.

Partir comme je l’ai fait avait été radical. Mais je n’avais pas trouvé d’alternative moins brute, cruelle. Et j’avais fini par penser que le manque était le prix à payer. Parce que, oui, forcément, ils m’ont manqué.

L’un d’entre eux en particulier.

Lorsqu’un concours de circonstance – le monde des garçons sensibles est résolument petit – nous a remis sur le même chemin, j’en ai profité.

Nous étions quatre années plus tard.

Aujourd’hui, nous nous voyons de temps en temps. Le fait d’avoir des amis communs nous garantit de toujours nous voir lors de soirées. Ca, c’est ce que je pensais et ça montre encore à quel point j’ai du mal à comprendre ce que je peux représenter pour d’autres.

Samedi, donc. Lors de sa soirée d’anniversaire, j’ai été touché.

A peine arrivé, je regardais son mur de photos. Quelques photos seulement. Toutes dans des cadres. L’une d’elles m’a faite rire. Je m’en suis moqué. Il est alors arrivé et m’a dit devant tout le monde : « tu peux parler » en pointant un autre cadre.

Et c’était Nous. Lui et moi sur une photo. Dans un cadre. Sur son mur de photos à Lui.

Je suis resté face à cette photo. Sans pouvoir parler. Comme si je venais de recevoir un cadeau. Complètement ému. Et j’ai repensé à mon vieux mur de photos remplacé depuis par un mur blanc.

Je suis sur Son mur.

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