Kévin Bacon

Kévin Bacon

Un Croyant qui jeûne.

Cette année, pendant le Ramadan, j’ai fait le coursier entre ma Mère et Kévin Bacon*. Elle nous préparait de la Charba et ou des bricks. Et je nous apportais le tout à vélo les soirs où je cassais mon jeûne chez Lui.

Douze ans. Cela fait maintenant douze ans que nous sommes ensemble. Et si je ne sais pas ce que nous réserve précisément l’avenir. Je sais une chose. Ce Garçon a été fait pour moi.

C’est ce que je me suis encore dit, lorsqu’il m’a acheté cette grosse boîte de dattes. Et lorsqu’il m’a laissé dormir plus longtemps que d’habitude – parce que le Ramadan influe de plusieurs façons sur le sommeil. C’est ce que j’ai pensé aussi quand il a veillé à ce que je ne manque de rien le soir. Et quand, alors qu’il avait faim, il a patiemment attendu l’heure pour moi de manger pour que l’on puisse le faire ensemble.

C’est surtout ce que j’ai ressenti quand je me suis souvenu qu’avec les deux précédents je n’avais pas jeûné. Parce qu’à l’époque, je m’étais retrouvé dans une situation où je n’arrivais pas à concilier les deux. Cela ne venait pas d’eux. Mais j’étais perdu parce que je ne savais pas qui je pouvais être exactement.

Lorsque ma copine S. s’est mariée. Je lui avais posé la question.

Juive, elle n’avait fréquenté que des garçons juifs. Elle n’avait connu rien d’autre. Pourquoi ?

Elle m’avait répondu qu’elle avait voulu rencontrer quelqu’un qui la comprenne. Entièrement. Une personne avec qui elle n’aurait pas l’impression d’imposer quelque chose. Où tout serait simple, notamment la religion, parce qu’ils partageraient les mêmes choses. Point de discorde ni de divergence.

J’avais compris ce qu’elle avait désiré. Je n’étais sorti qu’avec des garçons athées et blancs. Des garçons avec lesquels je n’avais pas pu/réussi à être entièrement moi.

Et j’ai réalisé, qu’il y a quelques années quand je m’étais senti perdu, c’était parce que j’avais gommé sans cesse qui j’étais pour me fondre dans des couples (et groupes) dans lesquels quoi qu’il arrive j’étais perçu comme différent. Et sans réellement savoir ce que mes ex pouvaient en penser, j’avais eu si peur de « m’imposer » que j’avais renoncé.

Kévin Bacon m’a permis d’être qui je suis, de poser toutes mes facettes sur la table et de dire. Tout cela. C’est moi. Je ne m’impose pas. C’est juste qui je suis. Un Croyant qui jeûne.

* Ramadan et Bacon dans la même phrase. Cocasse.

Kévin Bacon, memecember

M13 – Je jure que lorsque nos lèvres se touchent, je peux goûter aux prochaines soixante années de ma vie.

J’aime beaucoup cette idée. Ce qu’elle représente.

Je n’ai pas connu beaucoup de garçons. J’étais à la recherche de quelque chose de sérieux. Toujours.

En vingt ans de chasse à l’Homme, j’ai eu neuf petits amis. Et deux fois moins de relations d’un soir. Je pense que l’on peut dire que je ne suis pas le plus grand chasseur du monde. Alors certes, je me suis aussi mangé moult amours à sens unique et autres crushes qui n’ont servi à rien.

Mais j’ai passé assez de temps à fantasmer sur ce que j’attendais d’une relation pour savoir ce que je désirais.

A notre tout premier rendez-vous, j’avais dit à mon premier petit copain. Tu es le premier mais tu ne seras pas le dernier. Avec ce « Je pense – Je dis » qui me caractérise et déconcerte.

Parce que je savais. Ce n’était pas Lui.

Et ainsi de suite, de garçons en garçons, de baisers en baisers. Jusqu’à me figer un jour. Et avoir cette impression. Celle d’avoir pu goûter aux soixante prochaines années de ma vie juste en L’embrassant.

C’était Lui. Cela fait un peu plus de onze ans. Et j’ai envie qu’il soit le dernier.

Kévin Bacon, memecember

M05 – Parce que je pourrais L’observer une toute petite minute. Et trouver mille choses que j’aime chez Lui.

Il m’arrive très souvent de m’arrêter. Un instant. Et de le regarder.

Il est généralement très gêné. Me demande ce qu’il se passe. Et roule ses yeux vers le ciel quand je lui dis que je l’aime à la folie.

Voyez-vous. Cela fait maintenant onze ans que je sors avec un garçon qui n’a pas conscience de qui il est. De comment je le perçois. Et de comment il me rend dingue.

Parce que je pourrais L’observer une toute petite minute. Et trouver mille choses que j’aime chez Lui.

Kévin Bacon, memecember

M04 – ce type d’amour qui nous voit grandir ensemble.

Il y a quelque chose que j’aime dans mon histoire d’amour avec Kévin Bacon. C’est la façon dont nous avons mutuellement changé au contact de l’Autre. Et comment nous avons évolué. Ensemble.

Je n’aime pas utiliser l’expression « déteindre sur quelqu’un » parce qu’elle implique selon moi que c’est négatif. Je ne saute pas, particulièrement, de joie lorsqu’un vêtement déteint sur un autre, par exemple.

Je n’ai pas l’impression d’avoir déteint sur lui. Comme s’il devenait comme moi et moi comme lui. J’ai plus le sentiment que nous avons évolué. Chacun. En s’accentuant de l’Autre. En étant encouragé par l’Autre. Sur un chemin qui nous était propre.

Il m’est arrivé de voir comment la vie de couple avait complètement transformé des amis. Comment certains de leurs traits, que l’on retrouvait aussi chez l’Autre, avaient été exacerbés. Un peu à la manière de gènes dominants qui serait passés, à travers la Relation, à l’Autre.

Comme s’il y avait une forme d’hérédité dans nos couples.

Je pense être le même. En mieux. Imprégné de onze années de ses nuances à Lui. Ses accents. Par influence réciproque. Osmose. Et c’est le type d’Amour avec un grand A qui me sied. Ce parfum que nous formons ensemble et que je porte.

Kévin Bacon, Revival

La Bataille Corse.

Et confinés sur cette terrasse, au soleil, j’ai souri malgré la situation.

Nous étions loin de chez nous. Nous n’avions pas la possibilité de rentrer. Ce n’était pas les vacances que nous avions imaginées. Mais nous étions tous les Deux.

Tous les trois, si l’on compte mon optimisme démesuré.

Et c’est quand nous avons commencé à jouer aux cartes. Quand c’est devenu notre petit moment pour arrêter de penser au virus et nous déconnecter un peu. Que cela m’a rappelé mes vacances avec mes Parents lorsque j’étais plus jeune.

Mes Parents étaient toujours sur la terrasse à jouer aux cartes pendant que mes Frères et moi jouions ensemble. On guettait le moment où mon Père allait jeter ses cartes en jurant les pires gros mots en arabe parce qu’il détestait perdre.

Et j’ai souri parce que finalement nous faisions la même chose. A une différence près. C’est Lui qui n’aime pas perdre.

Et ça aussi, ça me faire sourire.

Alors, oui. Ce n’était pas à proprement parler les vacances parfaites.
Mais j’étais bien. Avec Lui.