Les Garçons

Amour Galactica, Les Garçons

♡ Baron Rouge

Il y a quelques jours, c’était l’anniversaire de Baron Rouge. L’occasion de repartager des photos de nous deux et d’égayer un peu nos timelines sur les réseaux sociaux.

Aujourd’hui, cela fait trois ans qu’Il nous a quitté.

J’ai rencontré Baron Rouge le 12 janvier 2008 chez Adam, à l’occasion de l’un de ses fameux apéros Champagne-Cacahuètes. Plus jeune que moi d’environ deux ans, on avait l’impression qu’une décennie nous séparait. Comme nous étions des newbies dans le groupe, nous nous sommes un soir promis de veiller l’un sur l’autre. Pédérité

Jeune et mignon. Enjoué et profitant de la vie. Il était pour moi « Sunshine », le Justin de l’adaptation US de Queer As Folk. Il était libre et libéré et j’avais toujours l’impression qu’il vivait sa vie, là où je m’imposais sans cesse des restrictions, des limites. Avec moins d’inhibitions et/ou simplement plus de courage, Il réussissait à aller plus loin que moi dans ses relations avec les garçons et notamment les Garçons avec un G majuscule.

J’étais intouchable. Il était « à toucher ».

Je l’enviais beaucoup. Et je n’ai compris que récemment que ce sont mes propres blocages et cette pointe de jalousie qui m’ont amené, par moments, à le maintenir à distance.

En 2009, après un chagrin d’amour, Baron Rouge s’est invité un soir à la maison pour me réconforter. Et nous nous sommes fait un marathon « Will & Grace ». Il était venu avec un reste de vodka – il en avait toujours sur lui – et son parfum Le Mâle de Jean-Paul Gaultier.

Ils étaient très peu après ce Chagrin. Mais il en a fait partie. Et je ne l’oublierai jamais.

À sa soirée d’anniversaire, cette année-là, au fabuleux thème Extravaganza, je rencontrais par son intermédiaire celui qui allait, par une invitation anodine, me permettre de rejoindre un nouveau groupe de Garçons auquel Baron Rouge appartenait aussi…

Pendant un peu plus d’un an, nous nous verrons pratiquement tous les samedis soir à l’occasion de soirées déguisées toutes plus folles les unes que les autres, de détours au Tango et de soirées dans son appart proche de la rue des Rosiers, « le Vaisseau ». She Wolf de Shakira sera NOTRE chanson et on se brisera les côtes à tenter de la danser.

Il me préparera même un fabuleux diner de Saint Valentin en 2010. On décrétera aussi, un jour, Baron Rouge et Moi que dorénavant nous nous dirions bonjour en nous smackant, un peu comme dans les séries américaines.

Mais, peu à peu rongé par des rancœurs, jamais réellement satisfait de mes relations avec les Garçons et me sentant toujours seul même au milieu d’une foule, je quitterai le groupe brutalement un soir de Mars 2011 – Lui compris.

Des hauts et des bas finalement, quand on regarde notre histoire dans sa durée. Comme dans toute amitié. S’en est suivie une période où invités aux mêmes soirées, il restait dans la cuisine avec les fumeurs pour ne pas me croiser ou me snobait carrément quand il disait bonjour ou au revoir à tout le monde.

J’en souris volontiers aujourd’hui mais à l’époque c’était tellement violent que je me devais me répéter que c’était de ma faute pour ne pas craquer. Je ne pouvais pas ghoster une personne et lui demander de continuer à être polie avec moi.

Il m’a fallut plusieurs années pour récupérer les garçons de ce groupe auxquels je tenais le plus. Et par leur intermédiaire, à le récupérer Lui. Je découvrais, alors, avec ses mots et les leurs tout le mal que je leur avais fait en partant.

Une soirée d’Halloween à rattraper le temps perdu en 2014. Comme si rien n’avait changé. Il était toujours aussi Sunshine. Mais avec un travail et des préoccupations d’adultes. Et des histoires d’amour fraîches. Lui comme moi étions finalement bien loin de ce que nous étions lors de notre première rencontre.

De soirées en soirées, au gré des années, nous nous sommes vus grandir, vieillir et rester sur nos délires Karen Walker/Grace Adler. Il était Karen, alcoolique fêtarde recherchant des poissons dans la machine à laver d’une laverie – « where are the fish ? » – et j’étais Grace Adler, l’empotée pas très gâtée par la nature qui lui remettait les pieds sur terre.

Baroudeur dans l’âme. Il s’était décidé à quitter son travail pour voyager à nouveau. Je me demandais toujours comment il avait pu si longtemps rester dans cette logique métro-boulot-dodo, lui qui adorait découvrir le monde.

Et début 2019, adieu le travail boriiiiiiing comme il pouvait dire, et en route pour de nouvelles aventures au loin. Aventures que nous suivions tous sur Facebook et/ou sur son nouveau blog crée pour l’occasion.

Et après quelques mois, cet appel, un lundi matin en plein été. Baron Rouge était parti.

Franchement. Pouvait-il nous quitter autrement qu’au loin, lors d’un tour du monde fait de rencontres et de fêtes ? Non. C’était Lui tout craché. Jamais vieux, jamais rangé, jamais emprisonné par ces vies d’adultes auxquelles nous voulons tous échapper.

Je n’ai compris qu’à ce moment-là, l’ampleur de mes sentiments et de mon affection pour Lui. Mon pincement au cœur, le mélange d’un sourire quand je pense à nous deux et d’un noeud dans la gorge parce qu’il n’est plus là.

J’aurais aimé qu’on abandonne jamais ce smack sur la bouche pour nous dire bonjour – on a dû le faire trois fois à tout casser. J’aurais aimé mieux comprendre pourquoi j’ai pu être distant ou injuste avec Lui. J’aurais aimé lui offrir plus de temps et le voir plus souvent.

Mais telle a été notre Histoire. Et elle m’est précieuse.

Il ne vieillira jamais et restera l’éternel jeune et mignon Sunshine.
♡ Baron Rouge.

* en photo, la carte d’anniversaire que je lui ai écrite en 2015.

Les Garçons

La Pédérité.

Cette année, j’avais pris la plus étrange des résolutions. Celle de dire oui à – pratiquement – toutes les invitations.

Sortir un peu de ma forteresse et m’empêcher un maximum de me renfermer sur moi-même. Ce qui était d’ailleurs l’une de mes craintes post-confinement.

Déjà bien casanier par nature, j’avais été échaudé par mes échecs successifs à m’entourer de Garçons. Et les tristes expériences de ces pratiquement quinze dernières années m’avaient amené à dresser d’énormes barricades autour de moi.

Des défenses imparables. Pour que rien ne m’atteigne. Ni blessures ni déceptions.

Alors je me suis coupé de tout. J’ai disparu. J’ai donné la priorité absolue à Kévin Bacon et mon cercle d’amis proches. Avec toujours une bonne excuse pour refuser de participer à une soirée.

Lorsque je réapparaissais sporadiquement au gré de quelques exceptions, je recevais d’étranges commentaires et/ou compliments. On découvrait que j’étais drôle. Ou l’on s’étonnait carrément que j’existe pour de vrai. « On parle de toi comme d’une légende », m’avait dit cet ami d’ami lorsque je me suis présenté.

Mais à bientôt 40 ans, j’ai eu envie de sortir. De revoir le monde. De travailler sur ma sociabilité. Et surtout d’aller contre mon instinct naturel de solitaire.

Un changement déjà timidement initié l’an passé alors que je passai l’été à prendre des verres en terrasse – oui, je considère qu’un diabolo grenadine au Quetzal, c’est prendre un verre.

Et lorsque les entraînements de volley ont repris à la rentrée, j’ai décidé de poursuivre cet effort.

Alors, je suis resté manger un morceau après chaque entraînement, ce que je n’avais jamais fait auparavant. Je me suis dévoilé. Et de fil en aiguille, je me suis retrouvé invité à des petites soirées sympas.

Jusqu’à cette invitation à passer un weekend ensemble.

Un weekend entre garçons en Normandie. Une immense maison, un jacuzzi, des bières, du vernis à ongles, une soirée visionnage de Drag Race France, des journées à la plage et en excursion sur les magnifiques îles Chausey, des ronflements, des bruits suspects, des araignées, le barbecue, le Bal des Pompiers, les parties de volley,…

Et beaucoup de tendresse.

La Pédérité.

Et quand je suis rentré à la maison. Une pluie de petits messages mignons.
Et les Garçons m’ont manqué.

__________

la Pédérité. J’ai vu ce mot pour la première fois dans un tweet de Matthieu Foucher et je l’ai tout de suite adoré.

Les Garçons, Psithurisme Nostalgique

Ce serait tellement plus simple si les Garçons étaient des plantes.

Je crois que j’ai remplacé les Garçons par des plantes.

C’est ce que je me suis dit tout à l’heure. Quand. Pour la première fois de ma vie, j’ai pensé que j’en avais trop.

Je dis cela parce que je me souviens que je n’en avais pas autant avant. Comme beaucoup. J’ai commencé avec un petit ficus de chez Ikea. Benjamin. Mais il n’a pas duré longtemps.

La plus ancienne de mes plantes remonte à 2009. J’avais acheté deux plantes près de mon travail. Un zamioculcas zamiifolia et une fougère. De tous petits bébés.

La fougère s’est mise à sécher quand ça n’allait pas bien et est morte peu après la rupture. Je reste persuadé qu’elle avait pressenti la fin de mon histoire avec Jolies Lèvres.

Je ne pensais pas avoir la main verte. Mais d’une seule plante je suis aujourd’hui arrivé à 34. Oh, il y a bien eu des pertes. Mais je crois que nous avons trouvé comment nous entendre elles et moi.

Ce que, aujourd’hui encore, je n’arrive pas à faire avec les garçons qui entrent dans ma vie en quête d’amitié.

Entre nous. Ce serait tellement plus simple si tout le monde était une plante.

Parce que là je suis complètement perdu.

Les Garçons, Psithurisme Nostalgique

Restober #19 – Your choice.

Cher Journal du Garçon qui voulait juste ne rien faire du tout,

Aujourd’hui, j’ai retrouvé une de mes amies. Pour l’une de nos marches habituelles dans Paris. On a discuté de ce garçon qui venait de la recontacter après avoir disparu pendant six mois. Et de la façon dont elle lui a dit qu’elle n’avait plus besoin de lui dans sa vie.

Si j’ai compris sa décision. Je n’ai pu m’empêcher de faire le parallèle avec moi et les Garçons que j’ai essayé de récupérer. Et comment finalement aucun d’entre eux n’avait été en mesure de me répondre ne serait-ce que pour me dire d’aller me faire voir.

Il faut du courage pour mettre le point final à une relation comme elle l’a fait. Mais il en faut autant voire plus pour tenter années après années de rappeler à soi des personnes que l’on a aimées.

Dommage qu’ils ne l’aient pas vu de cette façon.
Baille bye.

Les Garçons, Psithurisme Nostalgique

Restober #18 – Spoil Yourself.

Cher Journal du Garçon qui voulait juste ne rien faire du tout,

Comme j’ai dépensé tous mes sous en shopping la semaine dernière, on va éviter de faire chuter le cours de la bourse en se ruinant davantage.

Alors plutôt. J’ai fait du tri dans mes affaires. Et ai préparé trois énormes sacs à donner. J’ai essayé de ne pas trop céder à l’émotion sur certaines pièces. Et je me suis souvenu du pull à capuche gris.

Si j’ai pu me séparer de lui – ce que je regrette toujours un peu aujourd’hui, alors je peux me séparer de n’importe quel vêtement qui m’a été offert par les Garçons d’avant.

Spoil yourself ?
Pour aujourd’hui, je vais juste me contenter de penser à ceux qui recevront ces vêtements.

Baille bye.

Les Garçons, Psithurisme Nostalgique

Silence(s).

Ça n’a duré qu’un moment. Je l’ai aperçu du coin de l’oeil. Et il était déjà loin. À l’autre bout de la passerelle.

C’était dimanche et je ne l’avais pas revu depuis presque neuf ans.

Après avoir rêvé de lui le mercredi suivant, je me suis dit que le moment était peut-être venu de retenter une approche. Malgré l’échec des deux dernières tentatives. Deux petits messages en 2014 et 2016 restés sans réponse.

Mais cinq ans après, et quelque peu motivé par mon rêve qui parlait de retrouvailles, je m’étais dit qu’après tout ce temps même la personne la plus rancunière du monde me répondrait.

Je suis comme cela. Une sorte d’optimiste désespéré.
Désespérant.

On pourra au moins dire que début 2021, j’aurais essayé de faire revenir trois personnes. Trois garçons qui n’ont pas été n’importe qui. Trois amis qui ne seront jamais n’importe qui pour moi.

Et on retiendra, qu’aucun n’aura souhaité me répondre.

Tu n’es personne hurlait leur silence.