Amour Galactica

Les Garçons

You come find me.

Bon Anniversaire depuis une autre dimension.

Comme tous les ans. J’ai hésité à t’envoyer un message. Mais je ne peux toujours pas. Tes dernières instructions étaient claires.

Si jamais tu lisais ce billet. You come find me.

Kévin Bacon

Bleu et Vert.

Le reprise est demain. Après deux semaines en Guadeloupe. Beaucoup de bleu et de vert.

Le bleu, c’est Lui. c’est sa couleur. La couleur de ses yeux. La couleur de la plupart de ses vêtements également. C’est la mer. Et le ciel.

Le vert. C’est ma couleur préférée depuis que je le connais. La nature et les plantes.

Deux semaines. Dont une exclusivement à deux. Juste nous deux.

Bleu et vert.

Et aujourd’hui. Je peux dire que. J’ai escaladé un volcan pour cet homme.

Les Garçons

Se re-rencontrer ou se dire merde.

Barcelone. Deux jours hors du travail avec des collègues. C’était fun. Mais différent des fois précédentes.

Peut-être parce que, cette fois, je savais que tu y vivais.

Et par moments, j’espérais t’y croiser. T’y apercevoir. Te dire bonjour. Nous voir tous les deux bouches bées, inconfortables et mal à l’aise. J’aurais aimé que tu vois à quel point j’ai changé. A quel point je suis différent, en apparence. Mais finalement le même à l’intérieur. Toujours aussi maladroit. Juste un peu plus fort en caractère.

Au moment du départ à l’aéroport. J’étais un petit peu amer. L’occasion était manquée. Neuf ans que nous ne nous sommes pas vus. Et pratiquement autant d’années que nous ne nous sommes pas dit un mot.

Un jour. Tu m’as ghosté parce que notre amitié était mal vue par ton copain. Tu m’as retiré de Facebook et tu m’as demandé de ne pas répondre à ton sms d’explication laconique.

Et. Depuis je me demande comment en finir avec cette situation absurde. Nous re-rencontrer ou nous dire merde pour toujours.

Je suis dans une dimension de notre Amitié où tu existes et n’existes plus à la fois. Comme si Elle était coincée dans une boite de Schrödinger attendant que l’on observe une fois pour toutes son état.

Je ne peux pas/plus faire le premier pas. Je ne peux pas ouvrir la boite.

Te croiser à Barcelone de façon inopinée aurait été la parfaite clef.

Quand je pense à toi, Dan et ceux que je ne peux pas nommer, j’ai honte. Car j’ai finalement passé plus de temps à vous regretter qu’à vous côtoyer.

Il est des amitiés plus dures à oublier que des amours.
Dix ans l’an prochain. Il serait peut-être temps de clore ces histoires.

Les Garçons, Mélancolie Apocalypse

Sept ans de malheur.

J’étais tranquillement assis dans le métro. Les yeux dans le vague. Ecoutant de la musique en mode shuffle.

Et je me suis mis à penser à Dan. Comme cela. Sans raison. A fantasmer sur une hypothétique coïncidence qui ferait que l’on se croiserait dans la rue. Le soir-même.

Je ne m’en suis pas aperçu tout de suite. Mais la chanson que j’écoutais s’appelait Sept Ans de Malheur. Et je pensais à lui. Que je n’avais pas vu depuis au moins sept ans.

Depuis ce jour où, au Starbucks, il m’avait demandé de l’oublier.

Mon coeur s’est mis à battre fort. Et si ? Et si ces sept années de distance étaient arrivées à terme ?

Le hasard a voulu que je prenne la Ligne 3 à Saint Lazare. A l’endroit même, où je me rappelle l’avoir prise pour la première fois à l’été 2007 pour le rejoindre lui aussi pour la première fois. Puis avec N. nous sommes passé.e.s devant cette rue que j’avais dû emprunter pour rejoindre le métro le lendemain matin quand je l’ai quitté.

Cela faisait beaucoup. Beaucoup de signes. Beaucoup de Dan.

Je lui avais dit que je serai là à son retour.
Mais il n’est jamais revenu.

Et c’est peut-être cette promesse qui m’empêche de l’oublier.

En cherchant un peu. Cela fait huit ans finalement. Pas sept.
Est-ce que je peux tourner la page maintenant ?

/ Sept Ans de Malheur – Ysa Ferrer.

Les Garçons, Psithurisme Nostalgique

La photo de nous sur ton mur.

La soirée d’anniversaire d’un Ami. L’un de ceux que j’ai ghosté en 2011.

A cette époque. J’avais quitté un groupe de garçons. Oui. Encore une fois. Je croyais que c’était cyclique. Que l’amitié gaie ne pouvait durer que deux ans.

Seulement cette fois-ci, point de rupture amoureuse comme excuse. Juste un mal être, de la rancoeur et du ressentiment, parce que depuis plusieurs mois, je m’étais senti mis de côté.

Le mur au-dessus de mon bureau était constellé de photos d’Eux. Des Garçons de ce groupe, mais aussi de celui juste avant. De tous mes Amireux en fait. Ce terme, c’est Cayetano qui l’avait trouvé après notre rupture à nous en 2005. Dans cette zone grise post-séparation où l’on n’est plus amants mais plus tout à fait simples amis.

Quoi qu’il en soit. Devant ce nouvel échec, j’avais fini par retirer leurs photos.

Leurs photos à tous.

Les nouveaux, les anciens. Tous. Si je ne suis pas important pour vous, alors vous ne le serez plus pour moi.

Partir comme je l’ai fait avait été radical. Mais je n’avais pas trouvé d’alternative moins brute, cruelle. Et j’avais fini par penser que le manque était le prix à payer. Parce que, oui, forcément, ils m’ont manqué.

L’un d’entre eux en particulier.

Lorsqu’un concours de circonstance – le monde des garçons sensibles est résolument petit – nous a remis sur le même chemin, j’en ai profité.

Nous étions quatre années plus tard.

Aujourd’hui, nous nous voyons de temps en temps. Le fait d’avoir des amis communs nous garantit de toujours nous voir lors de soirées. Ca, c’est ce que je pensais et ça montre encore à quel point j’ai du mal à comprendre ce que je peux représenter pour d’autres.

Samedi, donc. Lors de sa soirée d’anniversaire, j’ai été touché.

A peine arrivé, je regardais son mur de photos. Quelques photos seulement. Toutes dans des cadres. L’une d’elles m’a faite rire. Je m’en suis moqué. Il est alors arrivé et m’a dit devant tout le monde : « tu peux parler » en pointant un autre cadre.

Et c’était Nous. Lui et moi sur une photo. Dans un cadre. Sur son mur de photos à Lui.

Je suis resté face à cette photo. Sans pouvoir parler. Comme si je venais de recevoir un cadeau. Complètement ému. Et j’ai repensé à mon vieux mur de photos remplacé depuis par un mur blanc.

Je suis sur Son mur.

Les Garçons, Mélancolie Apocalypse

Le pull à capuche gris.

Je suis arrivé complètement trempé chez mes Parents. Ce parapluie, récupéré d’une touriste tête en l’air, n’était vraisemblablement pas de taille à lutter contre l’orage.

Ma Mère m’a proposé des vêtements secs.

J’avais pris l’habitude de lui donner toutes les affaires qui ne m’allaient plus ou dont je m’étais lassées. Elle en envoyait certaines au bled et gardait celles qu’elle aimait bien.

Elle a pioché dans une pile. Et j’ai tout de suite pensé à ce pull.

A son retour de Corée, Il avait rapporté des cadeaux à tout le monde. Des petites attentions. Histoire de ne pas revenir les mains vides. A moi. Il m’avait offert un pull et s’était acheté le même dans la taille au-dessus.

Cela avait encore plus renforcé l’idée que j’étais spécial.

Seulement. Il y a quelques années. J’avais pris la décision de m’en séparer. Il ne m’allait plus et, Lui, je lui en voulait encore d’avoir disparu. Etonnamment, j’avais conservé d’autres vêtements-souvenirs mais ce pull-ci était un symbole. Et je pensais devoir m’en débarrasser pour avancer.

Je n’y avais plus pensé. Jusqu’à ce que ma Mère pioche dans cette pile.

Je suis rentré chez moi plus triste que nostalgique, regrettant de m’en être débarrassé.

Il y a, aujourd’hui, un de mes cousins qui porte ce pull en Algérie sans connaître son histoire et ce qui me liait à ce garçon.