Auteur/autrice : Beur-Boy

Kévin Bacon

La Bataille Corse.

Et confinés sur cette terrasse, au soleil, j’ai souri malgré la situation.

Nous étions loin de chez nous. Nous n’avions pas la possibilité de rentrer. Ce n’était pas les vacances que nous avions imaginées. Mais nous étions tous les Deux.

Tous les trois, si l’on compte mon optimisme démesuré.

Et c’est quand nous avons commencé à jouer aux cartes. Quand c’est devenu notre petit moment pour arrêter de penser au virus et nous déconnecter un peu. Que cela m’a rappelé mes vacances avec mes Parents lorsque j’étais plus jeune.

Mes Parents étaient toujours sur la terrasse à jouer aux cartes pendant que mes Frères et moi jouions ensemble. On guettait le moment où mon Père allait jeter ses cartes en jurant les pires gros mots en arabe parce qu’il détestait perdre.

Et j’ai souri parce que finalement nous faisions la même chose. A une différence près. C’est Lui qui n’aime pas perdre.

Et ça aussi, ça me faire sourire.

Alors, oui. Ce n’était pas à proprement parler les vacances parfaites.
Mais j’étais bien. Avec Lui.

Kévin Bacon

Netflix & Schiele.

Et comme tous les samedis soirs. Mettre un film pour s’endormir devant.

Ce soir, c’était Star Trek (2009).

Je crois que nous n’avons jamais réussi à le voir en entier tous les deux. Et je crois profondément que ce sont ces petits moments qui sont les plus appréciables lorsque l’on est en couple.

Ces petits riens.

Alors, oui. Vieux couple pépère.
Croyez-moi.
Ça se savoure.

Psithurisme Nostalgique

Mathieu et L’eau de Kenzo.

J’avais senti à nouveau ce parfum à la fin de l’année dernière. Et c’est amusant comme il fait toujours ressurgir ce souvenir en particulier.

Nous sommes à l’été 2002. Ce fameux été, où, sur Gayvox, j’avais fait la rencontre de plusieurs garçons.

Des petits moments assis en terrasse ou à se balader dans Paris. Des têtes à têtes le plus souvent infructueux. Mais qui m’ont donné l’occasion de découvrir des personnalités et vies différentes.

Parmi les plus agréables. Comprendre – flirt. Il y a eu Mathieu.

25 ans. 1m90 – brun. Soit à peu près tout ce que je recherchais chez un garçon à l’époque.

Seulement voilà. Il était déjà plutôt tard dans l’après-midi. Et Mathieu habitait en très lointaine banlieue parisienne. A l’opposé même de là où j’habitais.

Mais j’avais 19 ans. Et à 19 ans…

Après un long périple en bus, métro, RER D puis bus à nouveau. J’arrivais chez lui.

Il était grand. Très mignon. Et il sentait très bon.

On a discuté. Longuement. Très longuement. Suffisamment pour qu’il me soit impossible de rentrer chez moi. Et il m’a proposé de dormir avec lui.

Il a retiré son T-Shirt pour ne se mettre qu’en sous-vêtements. Il avait cette ligne de poils allant du nombril et disparaissant sous le boxer. Et je crois que c’est la première fois que je craquais là-dessus.

L’odeur de sa peau mélangée à celle de son parfum était absolument irrésistible. Une alliance parfaite. Si parfaite que je n’ai pu me contenir.

Et après avoir flirté – vous n’en saurez pas plus, nous nous sommes endormis.

Je lui avais demandé quel était son parfum. L’Eau de Kenzo. Et, depuis. Même si nous ne nous sommes vus qu’une simple et unique fois, ce parfum me renvoie dans son appartement, au moment même où, assis sur son lit, je le regardais se déshabiller.

Le Garçon aux Pieds Nus

I will remind you who I am, every day.

Ce matin. Je suis passé prendre mes Parents pour les accompagner chez le médecin. Je les ai retrouvés devant chez Eux.

J’ai fait la bise à ma Mère. Et je me suis approché de mon Père.

Papa a toujours été très tête en l’air. Habituellement. Lorsqu’on le croise. Comme il est toujours perdu dans ses pensées. Il faut s’approcher un maximum de lui pour qu’il s’échappe de sa réalité et rejoigne la nôtre. Et finisse par nous dire bonjour.

En cela, j’ai toujours su de qui je tenais mes absences et rêveries.

Mais ce matin. Il ne m’a pas reconnu.

Il a prétexté le fait que je portais la moustache. M’a dit qu’elle m’allait bien. Et s’est retourné vers ma Mère pour qu’elle me complimente aussi.

Arrivé dans le quartier du médecin. Il était quelque peu déboussolé. Il ne reconnaissait pas la ville voisine. Et en découvrait les évolutions.

Le médecin a confirmé ce que nous savions déjà.

Alzheimer. Stade 3.
A surveiller. Dégradation lente et ineluctable.

Un jour. Mon père ne se souviendra plus de moi.

Mélancolie Apocalypse

The Swamps of Sadness.

Cette année. La liste des personnes qui ne m’ont pas souhaité mon anniversaire s’est encore agrandie.

Et j’avoue que chaque année qui passe ne fait qu’accroître ce trou dans mon coeur.

L’année dernière, j’avais réussi à faire bonne figure et à tenir bon jusqu’à la fin du mois de Décembre. Où j’avais finalement fini par craquer un soir en rentrant avant de tout ravaler et de faire comme si de rien n’était.

Mais j’en suis arrivé à redouter mon anniversaire. Parce que je savais que les noms de ceux qui allaient l’oublier éclipseraient les noms de ceux qui y penseraient.

Et L’oublier s’est traduit en M’oublier.

Je me demande souvent sur ce blog si les gens pensent à moi comme je pense à eux. Et il m’est finalement apparu qu’il s’agissait là de la réponse finale.

C’est la malédiction liée à ma mémoire particulière. Et certainement aussi à la place que je vous offre dans ma vie, ma tête, et mon coeur.

J’ai eu envie de tagguer dans le ciel d’aujourd’hui un message à ceux qui occupent une place spéciale dans mon coeur et qui m’ont oublié.

A Ceux qui ont fini par ne plus me le souhaiter alors que je continue à leur souhaiter. A Ceux qui continuent à me le souhaiter en retard année après année sans jamais le noter quelque part.

Et à tous ceux qui ont fait que je ne me suis absolument pas senti spécial le jour de mon propre anniversaire.

J’abandonne.

Psithurisme Nostalgique

Les amours de vacances.

Cet été-là, j’étais tombé amoureux de trois garçons différents.

J’avais neuf ans. Nous étions dans le sud de la France avec mes parents. A Tuchan. Dans un village de gîtes.

Ils s’appelaient Alban. Chris. Et Norman.

Voici mes souvenirs d’eux.

Je m’étais d’abord lié d’amitié avec Alban. 15 ans. Belge costaud aux yeux foncés. On passait notre temps dans la salle télé du village de vacances. Je craquais sur son grand frère, Chris.

Un jour. Alban et moi parlions de son frère et des filles avec lesquelles il sortait. Ce qu’ils faisaient et comment il les embrassait. Et nous avons commencé à mimer des baisers.

Assis sur ses genoux. La main sur sa bouche pour que nos lèvres ne se touchent pas. Nous avons imité son frère embrassant les filles qu’il draguait.

Je crois que rien n’avait été plus excitant que ce moment-là.

Et lorsque je me suis relevé. J’ai remarqué qu’Alban était en érection.

Son frère, Chris, lui, devait avoir 20 ans selon mes souvenirs. Il était grand, blond, fin et musclé. Et il avait les yeux bleus.

J’essayais d’attirer son attention constamment. Je crois que je ne me rendais pas compte. J’avais neuf ans. C’était un adulte. Dans quel monde est-ce que je pouvais être une alternative crédible aux superbes filles avec lesquelles il sortait ?

C’était absurde.

Et c’est arrivé. Il était assis au bord de la piscine. Et je l’ai poussé dans l’eau. Je ne sais pas ce qui m’a fait penser que c’était le plan idéal pour qu’il finisse par tomber amoureux de moi. Mais évidemment ça ne l’a pas été.

Lorsqu’il a sorti sa tête de l’eau, il a hurlé un « sale gosse » en rigolant.

Et pour la première fois de ma vie, on m’avait remis à ma place. Quelqu’un avait mis mon moi-intérieur face à mon moi-physique.

Je n’étais qu’un gamin.

Norman avait 17 ans. Il était sourd et muet. Sa soeur avait flirté avec Chris. On écrivait ce que l’on voulait se dire sur des bouts de papiers. Je crois que c’est à cause de Norman si je suis fasciné par la langue des signes et surtout si je craque pour chaque personne que je vois signer.

Je me souviens du matin où Norman et sa famille sont partis. Assis dans la voiture de ses parents, Norman a pleuré en me disant au revoir.

Je crois que, si je devais retourner dans le passé, je retirerais ma main de la bouche d’Alban pour que nos lèvres se touchent. Je ne pousserais pas Chris dans l’eau. Et je garderais le contact avec Norman de façon à pouvoir le revoir par la suite.

Mais il n’y a pas de retour en arrière possible. Et chaque été. J’ai craqué pour de nouveaux garçons en vacances. Je me rappelle du nom de la plupart d’entre eux.

Se souviennent-ils de moi ?

Regrettent-ils aussi de ne pas m’avoir embrassé ?