Les Garçons

Les Garçons, Psithurisme Nostalgique

M27 – J’ai rêvé de toi et j’espère que tu es heureux.

Il m’arrive très souvent de rêver de gens lointains. De personnes que je n’ai pas vues depuis longtemps.

En 5eme. Je suis tombé amoureux du plus beau garçon – hétéro – du collège. Nous étions dans la même classe et nous sommes devenus amis.

À la rentrée suivante, il n’était plus là. Il avait changé d’école. Et hormis cette fois où je l’avais croisé en me rendant à mes cours de dessin. Je ne l’ai plus revu avant il y a quelques années.

Il est revenu plusieurs fois cependant. Dans mes rêves. Et à chaque fois. Je me réveillais heureux.

Heureux de l’avoir vu. Heureux de savoir qu’il allait bien. Jusqu’au moment où il ne m’est plus apparu et que je suis passé à autre chose.

Comme si les rêves étaient une façon de guérir les petits bobos de coeur. En douceur. Pour nous permettre d’avancer. Tranquillement.

Vers la prochaine destination.
Un nouveau garçon, toujours.

Les Garçons, Psithurisme Nostalgique

M23 – Les âmes soeurs ne désignent pas forcément des amoureux.

Pour moi. Il ne fait pas de doute que certaines personnes puissent être nos âmes soeurs sans qu’il ne s’agisse nécessairement d’une relation amoureuse.

Et on les reconnaît. À ce lien indéfectible qui nous unit. Par delà le temps et l’espace.

On le voit également. À la force de nos sentiments. L’impossibilité de qualifier la relation qui nous lie avec les mots usuels. Amour et Amitié n’étant, chacun dans leur domaine, pas assez forts pour définir ce que nous ressentons exactement.

C’est également ce qu’il y a de plus frustrant. Cette impression de ne pas être en mesure de désigner ceux qui ne sont ni des Amoureux ni de simples Amis.

Lorsque Cayetano et moi avons rompu. Dans une galaxie très lointaine. Il avait utilisé le terme Amireux. Mais aujourd’hui encore, j’ai l’impression que ce mot définit un stade intermédiaire entre Amour et Amitié, là où Âme Soeur les transcende.

Alors pourquoi pas tout simplement Âme Soeur ?
Ou y a-t-il un mot étranger parfait pour ce que nous ressentons ?

Et est-ce que cela doit être réciproque ?

Les Garçons

M21 – Tu compteras toujours pour moi, même si nous ne sommes pas ensemble et même si nous sommes loin, très loin, l’un de l’autre.

Il y a ces boîtes à la maison. Celles dans lesquelles j’ai mis les photos de nous. Celles de l’époque où je m’empressais de les faire imprimer. Pour vous avoir sur mon mur.

Parce que je vous ai aimé. D’amour. D’amitié. Et d’entre les deux.

En les revoyant. Je souris. Je suis attendri. Je suis triste. Et je suis nostalgique. A chacun d’entre vous, j’aimerais dire.

Tu compteras toujours pour moi, même si nous ne sommes pas ensemble et même si nous sommes loin, très loin, l’un de l’autre.

Ma porte n’a jamais été fermée. Elle ne le sera jamais. Et à quelques jours de la fin de cette année catastrophe. J’aimerais vous dire que je pense toujours beaucoup à vous.

J’écrivais ici sur vous. Sur Nous. Parce qu’il y a une décennie maintenant. Chacun d’entre vous. À sa manière. M’a fait me sentir spécial, unique. Et je ne l’oublierai jamais.

Je ne vous oublierai jamais.

Les Garçons, Psithurisme Nostalgique

M20 – Je ne me fâche pas. Je deviens distant.

Je déteste perdre le contrôle de mes émotions.

M’emporter. M’énerver. Pleurer. Devant quelqu’un. Me donnent l’impression d’être vulnérable. Et je ne le permets pas.

Comme je vis très mal ce qui arrive une fois que l’on s’est énervé – c’est-à-dire les regrets, la culpabilité, le fait d’avoir été à nu et/ou le fait de passer pour un hystérique – je préfère prévenir. Et m’éloigner.

Je ne me fâche pas. Je deviens distant.

Cela me permet d’analyser la situation. Trouver une solution qui ne m’expose pas et me convienne. Ne pas agir sous l’effet de l’impulsion. Et parfois, cela me permet de tout simplement fermer la porte à une personne que je jugerais décevante.

Parce que plus que tout. Je déteste être déçu.

Je suis zen. Très stable. Trop, selon certains. Ce qui a renforcé l’idée que j’étais devenu un robot.

Devenu. Parce que je n’ai pas toujours été comme cela.

Autrefois, j’étais à vif. Une tempête d’émotions qui pouvait s’abattre sur n’importe qui. N’importe quand et n’importe comment. Il suffisait d’un déclencheur et c’était la catastrophe. Berserk.

On n’avait pas répondu à l’un de mes textos. On n’avait pas le temps pour moi. On matait un garçon devant moi…

Je pouvais faire une crise pour tout et rien.

C’est ainsi que je me revois. Quand je repense aux Garçons. Ceux de 2009 et ceux de 2011. Et que je repense à la façon dont je les ai traité.

Grandir. Être dans une relation épanouie et épanouissante. Apprendre à gérer mes émotions. Me fermer aux personnes négatives. Avoir un A.T.Field en béton…

Tout cela m’a amené à me contenir.
Et (presque) toujours à garder le contrôle.

Les Garçons, Psithurisme Nostalgique

M17 – je recueille les noms des amants avec lesquels ça n’a pas marché.

Nos vies sont pleines d’histoires d’amour ou d’amitiés qui n’ont pas fonctionné. Il y a celles pour lesquelles nous gardons des regrets vinaigrés – ces regrets qui vous retournent le coeur comme lorsque l’on boit une gorgée de vinaigre blanc. Et celles qui vous laissent souriants, parfois embarrassés, levant les yeux au ciel en vous disant. Quelle idée !

Il y a ces crushes auxquels on repense maintenant. Honteusement. En se disant. Comment ai-je pu craquer sur lui ? Ceux que l’on avoue souvent en soirée un peu pompette ou juste pour se moquer un peu de soi.

Et il y a ces noms. Cette liste de garçons avec lesquels cela n’a pas marché. Ceux dont on garde les photos dans une boîte. Bien en évidence. Mais que l’on ouvre pas. Ceux qui ont compté. Et pour lesquels cela s’est terminé à tort ou à raison.

Ceux que l’on a perdu de vue mais pas de coeur. Ceux sur lesquels on veille de loin. Ceux sur lesquels on écrit mais desquels on ne parle pas.

Ceux auxquels on pensera toujours.

Les Garçons, Mélancolie Apocalypse

M15 – J’aurais dû t’enlacer plus fort encore la dernière fois où je t’ai vu.

Lorsque je suis tombé sur celui-ci. J’ai tout de suite pensé à Ekkooo.

J’avais rencontré Ekkooo en Décembre 2007 autour d’un chocolat chaud. Et j’avais craqué sur lui. Je n’y pouvais absolument rien. Son odeur, sa peau, ses cheveux blonds. J’avais l’impression que mon corps l’appelait constamment. Comme un aimant.

Chaque fois que je le voyais. Il fallait que je le touche. Qu’il m’enlace. J’avais l’impression de n’avoir jamais assez de ses accolades. Ça ne me suffisait pas. J’avais besoin de complètement disparaître, me fondre dans ses bras.

Et c’était possible. Il était grand et massif.

Mais j’étais intouchable. C’était tout le monde sauf moi. Surtout pas moi. Une sorte de constante dans ma vie amoureuse qui allait finir par me faire me sentir non désirable et invisible.

Cette voix à l’intérieur de moi qui voulait leur hurler REGARDEZ-MOI m’a finalement rongé de l’intérieur. Et peu à peu, je suis devenu un monstre avec les Garçons. Que j’allais finir par épuiser deux ans plus tard.

En Juillet 2009, sentant venir une dernière confrontation qui serait pénible. Ekkooo s’était désisté à la dernière minute. Avant de lâcher ce tweet.

Ekkooo : est à Madrid pour m’amuser avec des amis de plusieurs années qui ne me jartent pas pour un oui ou pour un non

C’était fini. Et je ne l’ai pas revu pendant deux ans.

En Septembre 2012, il est entré dans ce restau japonais qu’il m’avait fait découvrir. J’y étais avec des amies. C’était une véritable coïncidence. Je me suis levé. On s’est salué poliment. Puis je me suis rassis.

Avant de brusquement me relever à nouveau pour l’enlacer.

Je n’avais pas pu me contrôler. C’était la mémoire du corps. Du mien. Et une fois cette impulsion contrôlée, je l’avais lâché.

Et même si cela n’a duré que quelques secondes, j’avais tout de suite regretté de n’avoir pas su me contenir.

Après cela, chacun sa table. Et chacun sa vie.

Cela fait huit ans maintenant que je ne l’ai pas revu. J’ai plusieurs fois eu envie de faire un pas pour le retrouver. Avant de toujours m’en empêcher.

Il me manque. Et je me dis très souvent que j’aurais dû l’enlacer plus fort encore la dernière fois où je l’ai vu.