On a décollé du Starbucks et on a marché un petit peu ensemble. C’était une amie du Beau Brun et elle s’inquiétait pour moi. Je lui ai demandé comment rejoindre la Place Monge. Mais elle s’était trompée d’itinéraire.

J’ai pris le métro seul – absolument pas dans la bonne direction donc. Et ai mis du temps à m’en apercevoir.

Nous avions rendez-vous à 18 ou 19h. Mais j’arriverai bien plus tard. En voulant corriger mon chemin, je m’étais encore plus éloigné. Puis avait pris un autre métro à contresens.

Je me demandais si ce n’était pas un signe. Est-ce que je devais réellement rencontrer ce garçon ? Est-ce que j’étais prêt ?

On s’envoyait des messages et je pense qu’il avait du mal à croire que je me sois complètement perdu – et si cela se reproduisait, aujourd’hui, après dix ans, je pense qu’il ne serait plus étonné.

J’ai fini par le rejoindre. J’ai pris le long escalator de la station. Et une fois en haut, j’ai tourné la tête vers la droite et l’ai vu. Il m’attendait sous la pluie.

C’était un Homme. Il portait une veste en cuir et le Mâle de Jean-Paul Gaultier. Mais la nuance sur lui était tellement agréable. Je crois que je percevais déjà l’odeur de sa peau.

Nous avons été boire un verre au Bateau Ivre puis la pluie nous a conduit à nous abriter sous l’entrée d’un immeuble quelques instants.

J’étais très attiré par Lui. C’était chimique et incontrôlable. Nous nous sommes embrassés rue du Père Teilhard de Chardin.

Nous nous sommes ré-embrassés dans le hall de son immeuble pour nous dire au revoir. Et je suis rentré après une dernière promenade.

J’étais terriblement excité. Dans tous les sens. Et l’espace d’un moment, j’ai oublié que j’avais le coeur brisé.