Les semaines qui ont suivi ont bouleversé mon paysage relationnel.

J’avais d’un côté les Filles. Mes meilleures amies depuis longtemps. Que j’ai volontairement écartées de mon processus de guérison post-rupture.

Et les Garçons. Le groupe né de nos rencontres entre pédébloggueurs. Sur lequel je comptais pour me remettre sur pied.

J’étais devenu violent. Pas dans ma conduite ni mes actes mais dans mes mots/maux. Quelque chose me dévorait le ventre. Ulcère ou colère. J’étais décidé à tout garder à l’intérieur pour ne blesser personne.

C’est amusant. Comme dans ce genre de situation, les ressources que l’on attend ne proviennent pas de ceux que l’on aurait cru.

Alors que mon harem de copains échouait à m’apporter son soutien – absorbés par leurs propres problèmes. Un garçon m’a recueilli et fait dormir dans son lit.

Il m’apaisait.

J’étais dans une bulle protectrice chaque fois que je retrouvais l’Architecte. Et je ne voulais pas en sortir. Pour me protéger, j’ai d’abord coupé le contact avec les autres.

Je me souviens d’un soir où, bourré, qui vous savez, m’avait envoyé des messages enflammés. « You’re my number one ».

J’étais à la fois flatté ET content de montrer que je n’étais pas fou. Cette relation n’était pas tordue que dans ma tête. L’Architecte pouvait maintenant le certifier.

Nous sommes partis en weekend à Barcelone pour le 1er Mai. Enfin. Ce n’était absolument pas prévu. Décidé à la dernière minute. Et tellement dispendieux. Mais j’avais tant besoin de m’échapper et surtout de rester avec lui dans cette bulle apaisante.

Dans l’avion du retour. Seul. J’ai craqué. Et j’ai finalement pu pleurer tout ce que j’avais gardé en moi depuis la rupture.

J’ai pleuré tout le long du vol. Mes voisins de siège, sur les deux rangées, m’ont offert mouchoirs et tendresse. Et je me souviens de l’hôtesse complètement désemparée lors de la démonstration des consignes de sécurité lorsqu’elle m’a vue en larmes.

J’avais tout lâché.

Et avec ma valise pourrie, sur le quai de la 13. Je ne m’attendais pas à tomber sur lui.