Catégorie : The BB

2009 – 2019

2019. Déjà. D’un coup. 36 ans. Le Futur.

Les choses qui ont changé. Celles qui ne changeront jamais.

Apparemment en 2019. Je suis toujours Beur-Boy. Et je blogue toujours. Je suis toujours dans mon salon. Avec soit un haut. Soit un bas. Mais jamais les deux en même temps.

A mes pieds. Toujours une bouteille de coca et du chocolat. Rien ne semble avoir changé. Et pourtant tout.

Je travaille avec des personnes qui ont mon âge de 2009 voire moins. Et je leur dis souvent, lorsqu’elles me parlent de leurs vies compliquées, que si j’avais su alors ce que je sais maintenant, ma vie en 2009 aurait été tellement plus simple.

Vieillir et mûrir.

Mon corps a changé. Mes cheveux sont partis. Je ressemble enfin pleinement à un garçon. J’ai des formes. Des fesses. Des poils. Mon visage n’est pas encore réellement marqué. Je ne me trouve toujours pas spécial physiquement. Encore aujourd’hui. J’aimerais être beau. A couper le souffle.

J’ai vieilli.

J’ai appris à dire non. Je me suis endurci. Les gens que je rencontre maintenant me disent que de prime abord, je suis quelqu’un de fermé. Je ne suis pas émotif et je dois souvent m’excuser d’être sans filtre. Je déteste que l’on me touche et je ne supporte pas les contacts rapprochés.

J’ai mûri.

J’ai l’impression de tout savoir. Je hausse les yeux en entendant les jeunes parler dans le métro. J’ai de l’expérience dans tout et je peux être de bons conseils. Je ne suis plus à la page dans bien des domaines. Je suis devenu un vieux con. Je regarde des séries qui ont mal vieilli et boude les nouvelles. J’ai musicalement basculé dans l’Alternative et ne pourrais pas dire ce qui passe actuellement à la radio.

Je suis devenu l’anti-moi-2009.

2009. C’était une année de Fins. De fins de cycles. Qui annoncent de nouveaux départs. Comme des Révolutions. De nouvelles histoires. Une Nouvelle Histoire.

Kévin Bacon et moi sommes mariés et avons ouvert une crêperie-couscous au Japon. Notre fille a quatre ans et je rêverais qu’elle soit un peu plus garçon-manqué. Non attendez ça c’est 2029.

Cette année. Si notre course à travers les étoiles maintient son cap. Kévin Bacon et moi fêterons nos dix ans. Il est arrivé après ce que j’ai bêtement appelé l’Accident. Et Il est toujours là.

Mais la vérité c’est qu’il n’y a jamais eu d’Accident. Chaque évènement de 2009 a trouvé une réponse, une solution, un renouveau.

Et dix années plus tard, il est amusant de voir quels contrepoids le Temps a apporté à tous ces changements pour maintenir ma Balance Cosmique.

Du coup. Je l’avoue. 2019 me terrifie un peu. Que me réserve cette année ?

Grief Seed

C’est une petite graine qui s’est déposée au fond de moi le jour de mon anniversaire. Et qui a germé. Tout au long du mois de Décembre.

En fait. Je pense qu’elle devait déjà être là. Quelque part. A attendre la bonne occasion. Un affaiblissement général ou un moment où je relâcherai mon attention.

Pour en profiter.

Je ne sais pas si c’est le fait de prendre une année de plus. De perdre un cheveu de plus. De n’être plus satisfait de mon reflet dans le miroir. D’avoir reçu peu de messages pour mon anniversaire. Qu’il soit complètement passé à la trappe pour certains.

Ou si c’est un tout. Ou tout autre chose.

Le fait de ne pas être exceptionnel ?

Mais aujourd’hui. Après une longue journée morne et grise. A la sortie du métro. J’ai eu le souffle coupé. Et je me suis senti comme jamais auparavant. Ce n’était ni une crise d’angoisse, ni une crise de panique.

C’était une crise de Moi. D’orgueil et de fierté. Mélange de griefs et doléances que j’avais intériorisés en pensant pouvoir les dissoudre.

J’avais accumulé trop de noirceurs. Trop pour pouvoir les faire disparaître. Et plus j’essayais de comprendre, moins j’arrivais à respirer.

J’ai fini par reprendre le contrôle. A tout ravaler. Et à faire comme si de rien était.

Etre vulnérable, dépendant ou en besoin d’attentions ?

Je le refuse.

Les fantasmes sont-ils des souvenirs de nous d’autres dimensions ?

J’étais en train de regarder par la fenêtre. Au travail. Quand j’ai vu passer le serveur du restaurant d’à côté.

Et j’ai eu un flash. Comme un souvenir. 

Nous étions tous les deux. Lui et moi. Nus. Au lit. Vraisemblablement juste après avoir baisé. Mais aussi juste avant qu’on le refasse. En train de discuter et rire.

Mais ce moment n’a jamais existé.  

C’était troublant. Parce que ce flash était net. Et parce que rationnellement. Juste après. J’ai essayé de l’analyser.

Fantasme ? Déjà-vu ? Déjà-vécu ? Effet Mandela ?

Et si nos fantasmes n’étaient finalement que des souvenirs de nous d’autres dimensions ? Et si j’avais déjà vécu cela, ailleurs ? A une autre moment ? Dans un autre espace-temps ?

Je le trouve mignon ce serveur. Il est grand, brun aux yeux noirs, nez proéminent. Quoi qu’il en soit. Depuis, je l’évite. 

Fuck, Mary, Kill

Samedi soir. A cette soirée. Quelqu’un a suggéré que nous jouions au Fuck-Mary-Kill.

Qui j’aurais choisi pour Kill ? Ce garçon hautain au possible. Celui qui, à peine arrivé, m’agaçait déjà par son air suffisant. Il ne souriait pas. Comme si le fait d’être mignon l’empêchait de sourire. Il parlait mal.

Et forcément. Il a été le choix Fuck de tous les autres. Cette facilité avec laquelle les gens font abstraction de la personnalité méprisable d’une personne quand il s’agit de sexe me subjugue toujours autant.

J’ai passé ma vie à essayer d’être une bonne personne. Mais cela m’a toujours conduit à ne jamais être considéré comme une option.

Tout comme en 2007-2008. A l’époque où j’avais l’impression d’être intouchable. Je voyais les Garçons se tourner autour mais jamais il n’était envisageable que ce soit avec moi. Comme si j’étais en cristal. Ou une chose trop précieuse.

Les groupes se faisaient et se défaisaient par les coucheries des uns avec les autres. Mais il était inconcevable que je puisse être l’objet d’un désir/fantasme. Pas même d’un « Kill ».

Dix ans plus tard. Alors que je ne pensais plus à tout cela. Ce jeu est venu me rappeler que je serai toujours une personne lisse, sans cratères ni aspérités. Rien qui ne déclenche un quelconque sursaut chez les gens hormis l’habituel « gentil » et « drôle ».

Et, superficiellement, je rêverais, qu’un jour, quelqu’un dise de moi que je le rends fou.

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